Pukkelpop J2: fouille obligatoire

21/08/15 à 22:15 - Mise à jour à 22:14

L'americana gantoise du Bony King, le romantisme fiévreux des Districts et le hip hop extrême d'Ho99o9. Chemins de traverse.

Pukkelpop J2: fouille obligatoire

Ho99o9 © Olivier Bourgi

Réseaux sociaux passés au scanner par les autorités pour repérer ces "sales drogués" (à tous le moins ceux qui les fournissent). Ridicule boîte à came sur le pas de la porte pour tout ceux qui finalement, tout compte fait, à bien y réfléchir, juste avant de rentrer dans l'enceinte du festival, ne voudraient plus de leur beuh, de leur coke et de leurs bonbons magiques. Puis, paraît-il (on ne les a pas vus) flics en civil sur la plaine avec terminal Bancontact pour paiement immédiat... On vit dans un pays de plus en plus à droite pour tous ceux qui ne l'auraient pas encore remarqué. Et au Pukkelpop apparemment, cette année, ça se passe en mode "fouille obligatoire". Pour la musique aussi d'ailleurs... On a connu l'affiche plus sexy. Mais il y a moyen d'y trouver son compte. En arrivant tôt, 11h20, pour le seul concert intéressant avant le milieu d'après midi par exemple. Parti enregistrer son dernier album, Wild Flowers, à Los Angeles, le Bony King (of nowhere, comme on l'appelait jadis) fait de l'Americana mieux que les Américains eux-mêmes. Les fantômes de Gram Parsons et de Neil Young se promènent sous le Marquee. Impeccable.

C'est souvent, dit-on, dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. Mais si des gamins ont jusqu'ici marqué les esprits, ce sont bien ceux de The Districts. Fiévreux comme des Cold War Kids, les mecs de Pennsylvanie possèdent désormais un set qui tient la route de bout en bout. Habité, survolté même, derrière ce visage de poupon à moustache, le chanteur/guitariste Rob Grote a déjà tout d'un grand. A Flourish and a Spoil, Peaches, Young Blood... Force, tripes et élégance...

L'élégance, ce n'est définitivement pas ce qu'on va chercher à la petit boutique des Ho99o9. Une boutique sombre, lugubre et méchamment bruyante où gueule, furieux, le hip hop hardcore de ces cinglés originaires du New Jersey. Comme on nous le glissait à l'oreille, Ho99o9 fait avec le hip hop ce dont les Bad Brains se chargeaient dans le temps avec le reggae. Au carrefour dangereux, hurlant et brutal du rap et d'un punk radical, The OGM et Eaddy, brûlent les feux rouges, renversent quelques passants et font des gros FUCK par la fenêtre. C'est bruyant. C'est méchant. "Si quelqu'un a de la weed, venez nous voir après le concert. On a oublié la nôtre..." La police limbourgeoise aura apprécié.

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