Pourquoi Werchter tourne en rond?

28/06/12 à 10:59 - Mise à jour à 10:59

Durant l'été, chaque semaine une question festival qui fâche. Première étape: Rock Werchter, clap 38e. On prend les mêmes et on recommence.

Pourquoi Werchter tourne en rond?

Pour la première fois de son histoire, le mastodonte de l'été festivalier, trader en concerts taille XXL, et forcément adepte de musique sur écrans géants, se déroule ce week-end sur trois scènes dans les pâtures louvanistes. On nous avait promis, juré -mais c'est vrai pas craché (trop rock'n'roll)- du changement. Un podium qui proposerait une offre très éclectique. Des étoiles montantes. Et la possibilité de découvrir les héros de demain. Au lieu de ça, on recycle. Encore et toujours. Garbage, Selah Sue, Simple Minds (oui oui, Simple Minds), My Morning Jacket, Incubus, M. Ward... Le tout entrecoupé de gugusses comme Ed Sheeran, Jim Morrison et l'insupportable Lana Del Rey. Tu parles de héros et de découvertes.

En même temps, l'affiche est pas mal pour apprendre à compter à ton gosse. dEUS: sept fois. The Cure (déjà présent en 1981): six fois. Red Hot Chili Peppers: cinq fois. The Kooks, Elbow: quatre fois. On complique: Pearl Jam. Deux annulations mais trois fois. Et sur les cinq dernières années.

C'est bien simple: 25 des 31 artistes à fouler la scène principale de cette 38e édition sont déjà passés par Rock Werchter. Seuls les Mumford and Sons, X, Deadmau5, Wiz Khalifa, Blink-182 et The All-American Rejects auront droit à un baptême du feu. A la décharge des organisateurs, l'industrie du disque n'en enfante plus des masses, des groupes qui vendent des camions de disques et touchent le grand public. Et à partir du moment où on veut limiter le nombre de ses scènes, faut des noms qui disent quelque chose à Kevin comme à sa tata Suzanne. Activer le levier de la nostalgie trentenaire (voire quadra) tout en construisant soi-même de nouvelles stars grâce à une prog répétitive et insistante. Au plus passe-partout au mieux. Prise de risque zéro. Werchter fait son job. Mettre en vitrine les grosses cylindrées. Roder quelques nouveaux moteurs. Et rouler des mécaniques. Frimeur.

Julien Broquet

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