Peter Perrett, "ravi de vivre dans le réel"

29/06/17 à 09:56 - Mise à jour à 10:00
Du LeVif Focus du 23/06/17

Miraculeusement rescapé de la came, le sexagénaire Peter Perrett, longtemps accroché au seul mini-mythe des Only Ones, revient avec un splendide album d'insolent rock anglais, How the West Was Won.

On arrive au "Renard prétentieux" et le pub du nord de Londres est vide. Pas plus de Peter Perrett que de barman ou, simplement, de clients. Au mur, quelques photos fanées comme celle d'Amy Winehouse témoignent de l'esprit du lieu, celui d'un rock éventuellement mortifère au scénario usé: gloire insensée, or et platine, drogue et alcool, sortie prématurée et définitive de scène. Ce script-là était tout chaud pour Peter Perrett dans un film où il aurait été une sorte de Lou Reed briton, doué de la même voix de catacombes attachantes. Trinquant au vers anglais façon Lord Byron shooté comme le New-Yorkais tissait des slams urbains portés vers la littérature. Mais de la formule évoquée plus haut, Perrett n'aura récolté que les excès, en dépit de deux albums magistraux des Only Ones à la fin des années 70 (1). Des morceaux suant la beauté lugubre, convoqués en mélodies amniotiques sur du rock étiquetté new wave. Même la chanson taillée pour le succès planétaire, Another Girl, Another Planet, ne fera pas frémir les charts de 1978, revenant 30 ans plus tard via une pub pour l'opérateur anglais Vodafone. Alors que le pub persiste dans son vide intégral, on aperçoit rien moins que Peter Perrett passant sur le trottoir en direction opposée à l'entrée. Nous voilà, idiot courant après la vedette manquante, criant Peter Peter! Il s'arrête, incertain, petit, ténu et moins ravagé que les rapports pessimistes décrivant un sexagénaire (de 1952) attaqué par un déficit des poumons. Interrogation, flottement. Peter nous annonce que l'interview est bien à la bonne heure et au bon endroit mais fixée au lendemain. Entre le label anglais Domino et le distributeur belge V2 Records, la date exacte a visiblement fait son Brexit. Peter nous rassure quand même, tout cela n'est pas une mise en scène: "Le Snooty Fox n'ouvre jamais l'après-midi, il le fait exceptionnellement demain pour nous. Et je passe sur le trottoir parce que j'habite derrière le coin." La porte ouverte aux quatre vents? "On a seulement oublié de la fermer à clé en partant, sans doute." Logique perettienne.
...

Vous souhaitez continuer à nous lire?

Lisez 3 articles gratuits par mois

Je m'enregistre Je suis déjà enregistré
ou

Les abonnés du Vif/l'Express bénéficient d'un accès illimité à tous les articles sur LeVif.be

Je prends un abonnement Je suis déjà abonné

Nos partenaires