Pete Townshend publie ses mémoires, sans tabous ni concessions

23/08/13 à 14:23 - Mise à jour à 14:23

L'auteur, compositeur et guitariste des Who, pionnier de l'opéra rock et briseur de grattes professionnel, raconte son enfance chaotique, sa vie, son oeuvre ainsi que l'explosion du rock britannique dans une autobiographie détaillée et opulente. Quand les guitar heroes se livrent...

Pete Townshend publie ses mémoires, sans tabous ni concessions

Pete Townshend, auteur, compositeur et guitariste des Who. © Steve Appleford

Il rêvait d'être sculpteur, danseur, graphiste ou journaliste. Au lieu de ça, il est devenu musicien, auteur, compositeur, éditeur littéraire, marin et rock star. Cela fait quinze ans qu'on l'attendait: Pete Townshend, le bondissant guitariste au légendaire moulinet des Who, a enfin sorti en 2012 ses mémoires chez HarperCollins. Une autobiographie déjà traduite en français cette année (lire la critique). Townshend, 68 piges depuis le 19 mai dernier, est de la race des guitar heroes. Une espèce en voie d'extinction mais qui, entre les aventures de Keith Richards et les pensées de Neil Young, vient d'accoucher de quelques solides best-sellers.

Un temps symboles du mouvement Mod, les Who ont créé un rock intrinsèquement anglais. Influencé des dinosaures comme Jimi Hendrix et les Stooges. Marqué des courants comme le punk ou le hard rock. Dès 1965, ils ont enregistré avec My Generation ce qui reste l'un des plus grands hymnes de la frustration et de la rébellion adolescente (dont vous connaîtrez l'histoire du bégaiement en lisant Who I Am). Pete, parce que c'est lui qui a écrit la plupart des paroles des Who, a exprimé à la première personne le quotidien des adolescents des grandes agglomérations. Il a aussi composé avec Tommy, son épopée de gamin sourd, muet et aveugle qui devient champion de flipper, l'un des premiers et plus grands opéras rock.

Dégoulinant d'ambition

Pete Townshend: Who I Am

Pete Townshend: Who I Am © Michel Lafon

"En 1995, quand j'ai écrit le premier tiers du livre et que je l'ai présenté à un éditeur, on m'a répondu: on veut un bouquin qui parle de drogues, de sexe et de rock'n'roll, on se fout du reste, commentait récemment Townshend dans la presse. Je comprenais ce point de vue sur un plan commercial. Et d'une certaine manière, c'est ce que j'ai fait. Mais pour raconter ces histoires et analyser notre succès, il fallait que j'explique d'où je venais, et ce dans les moindres détails."

Un état d'esprit qui rend son autobiographie bien moins superficielle que tous les autoportraits de rock stars uniquement cousus de clichés, de dope et de pépées...

Autant que retracer le parcours forcément turbulent de l'un des plus décisifs groupes rock de l'histoire, récit émaillé d'anecdotes invraisemblables, comme une arrestation pour avoir frappé un flic américain dans les couilles ou encore la perte de 50.000 dollars dans une nuit d'ivresse, Who I Am scanne son cerveau. Un mec autoritaire, dégoulinant d'ambition à s'en rendre malade, assez peu sociable, pas à l'aise avec les femmes, physiquement complexé, musicalement sûr de lui et en perpétuel questionnement. Un type qui a voulu coucher avec Mick Jagger et a aidé Eric Clapton à sortir de l'héroïne.

Enfant de la balle (son père joue du saxophone dans les Squadronaires, un groupe de la Royal Air Force, et sa mère est chanteuse), Pete Townshend naît le 19 mai 45 à Chiswick. Deux semaines après la reddition de l'Allemagne. Confié dès l'âge de cinq ans à sa grand-mère, déficiente mentale, il vit une adolescence perturbée, casse sa première guitare à 13 ans en envoyant mémé se faire foutre, suit des études artistiques et en 1962 rejoint, avec son pote John Entwistle (il découvrira aux funérailles de ce dernier en 2002 qu'il avait été franc-maçon toute sa vie), The Detours. Groupe dirigé par l'ouvrier chaudronnier Roger Daltrey, qui, deux ans après l'arrivée du cinglé batteur Keith Moon, allait devenir The Who.

Sans tabous ni concessions, Townshend avoue ce qui le réjouit et le tourmente, l'anime et le tue. Il cherche à comprendre ses infidélités, son alcoolisme, son addiction au travail... Fidèle à ce qu'il a toujours été. Un intello du rock, aussi sauvage a-t-il pu être.

Autobio et guitar hero

LIFE

Keith Richards: Life

Keith Richards: Life © Robert Laffont

Bon d'accord. Keith Richards a fait appel à un nègre, James Fox, un pote journaliste. Puis il semble avoir les neurones tellement grillés ("Ce qui vous tuerait ne me tue pas", n'a-t-il pas un jour déclaré?) que l'authenticité de ses récits peut légitimement être mise en doute. En attendant, Life, c'est une plongée avec le Human Riff dans le monde très sex, drugs and rock'n'roll des Rolling Stones. Accrochez vos ceintures.

NEIL YOUNG: UNE AUTOBIOGRAPHIE

Neil Young: Une autobiographie

Neil Young: Une autobiographie © Robert Laffont

Il a fallu qu'il soit immobilisé par un orteil cassé pour qu'il décide enfin de se raconter. Les neiges de son Canada natal, les boulevards de Los Angeles sous LSD et le calme de son Broken Arrow Ranch dans les Santa Cruz Mountains... Buffalo Springfield, son association avec Crosby, Stills et Nash, ses liens avec la scène grunge et ses trains électriques... Neil Young: Une autobiographie, c'est une promenade désordonnée avec un vieux loup solitaire et toujours imprévisible. Keep on Rockin' in The Free World.

SLASH L'AUTOBIOGRAPHIE

Slash: L'autobiographie

Slash: L'autobiographie © Camion Blanc

Deuxième meilleur guitariste électrique de tous les temps derrière Jimi Hendrix selon le Time Magazine (mouais), Saul Hudson, alias Slash, raconte son enfance hippie, les ruelles sombres d'Hollywood, les secrets des Guns N' Roses et son défibrillateur à 35 ans dans un ouvrage complètement dingo qui n'oublie pas d'égratigner le mégalo et paranoïaque Axl Rose. Il a beau s'être perdu avec ses Snakepit et Velvet Revolver, le crollé à haut-de-forme possède des fameux dossiers...

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