Nuits Secrètes J2: dEUS et Camille, c'était quand même mieux avant...

05/08/12 à 21:17 - Mise à jour à 21:17

Samedi, le festival a bénéficié de la clémence de la météo. Et des faveurs d'un public enthousiaste venu en masse pour Camille et dEUS, les deux têtes d'affiche qui ont su proposer d'habiles compilations de leur répertoire.

Nuits Secrètes J2: dEUS et Camille, c'était quand même mieux avant...

© Noah Dodson

Quand on débarque dans le Jardin en fin d'après-midi, l'endroit est envahi de spectateurs tous victimes du même fléau. L'organisation distribue des masques de chat, emblème du festival, à profusion. L'accessoire est kitsch au possible mais sympathique. Cette année, le matou roux a droit à une zébrure mauve digne d'un David Bowie période Ziggy Stardust. C'est donc face à cette étrange armée féline qu'entrent en scène les minets d'Ewert & the Two Dragons. Les Estoniens jouent un agréable pop rock aux échappées folk, mais certainement plus efficace sur la gent féminine au vu de la dégaine des membres du groupe. Les hymnes champêtres et oniriques Good Man Down et (In The End) There's Only Love laissent présager de belles choses pour ces jeunes nordiques.

Plus tard, l'illuminée Camille investit les lieux. Sur un fond d'ombres chinoises, une ambiance intimiste s'installe dans un Jardin plein à craquer. Surplombée par une unique ampoule grésillante, la Française entraine la langue française dans une sacrée valse. Avec pour instruments principaux sa voix modulable à souhait et un corps en perpétuel gigotement. De son dernier album Ilo Veyou, on retient La France, gentille moquerie des Edith Piaf et consorts ou encore la délicate Etourderie. Le public conquis participe activement au spectacle. Accompagnée de sa mini-chorale de musiciens, la chanteuse joue une version beatbox et disjonctée de l'entêtant Ta Douleur. Et c'est à partir de là qu'on est forcé de constater que ces anciens morceaux sont les meilleurs. Que ce soit ceux de l'album Le Fil (Au Port et la triptyque Jeanine) ou du Sac des Filles (1,2,3 et Paris). C'est au son d'une reprise folle de Wanna Be Startin' Somethin' du feu Roi de la pop qu'il est déjà temps de partir rejoindre dEUS sur la Grande Scène.

Les ténors charismatiques du rock belge sont en forme et le fantasque et bavard leader Tom Barman de bonne compostion (il défend la cause des punkettes de Pussy Riot). Les Anversois ont signé Following Sea et Keep You Close, deux plaques plus que convaincantes, en un an à peine et sont là pour les défendre. En live, le single gainsbourien et hypnotique Quatre Mains, Sirens, Constant Now et Keep You Close sont de belles preuves qu'ils ont encore la main. Cependant, même constat que pour Camille: quoi qu'on en dise, la prestation prend une dimension supplémentaire quand les rockeurs rejouent d'anciens morceaux et se laissent doucement aller à des boeufs savoureux. Avec, en points d'orgue, la ballade épique et électrique Instant Street (1999), l'élégant Little Arithmetics (1996) et enfin le final sur l'incandescent et dingue Suds & Soda (1994). Tant de vieilles pépites heureusement accessibles en un clic aujourd'hui. On ne remerciera jamais assez Spotify.

Kevin Plasman (stg)

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