Nuits Bota: The Amazing Snakeheads, rock sous amphètes

23/05/14 à 17:15 - Mise à jour à 17:29

Source: Focus Vif

Jeudi, à l'Orangerie, les prolos de Glasgow ont balancé avec férocité, fougue et fièvre leurs Amphetamine Ballads. This is Scotland...

Nuits Bota: The Amazing Snakeheads, rock sous amphètes

The Amazing Snakeheads © Paul Hudson/Flickr

"Tu nous entends Fauve? Tu nous entends? Si tu nous entends, va te faire enculer", aurait pu gueuler Dale Barclay jeudi soir à l'Orangerie, qu'il se serait fait entendre jusqu'au Cirque Royal. Dale, c'est le chanteur des Amazing Snakeheads. Les incroyables têtes de serpents. Un mec de 29 piges originaire de Glasgow qui a autre chose à raconter que son malaise petit bourgeois et ses inquiétudes adolescentes de trentenaire. Working class... Dale, regard inquiétant et gueule de hooligan ("désolé j'en ai rien à foutre du foot"), d'un film de Ken Loach ou tout simplement de Trainspotting, a arrêté l'école à 16 ans pour travailler comme tailleur de pierres avec son père. Alors Dale, quand il peut jouer de la musique et monter sur une "fucking stage", il ne se fait pas prier et y va avec les tripes.

Coincée entre les anecdotiques Solids (pensez Japandroids, Cloud Nothings) et les vilains Royal Blood (à bas la monarchie), la nouvelle signature du label Domino a craché ses Amphetamine Ballads avec l'énergie teigneuse du loser, les dents serrées du mort de faim et une bonne grosse basse à faire trembler le Bota tout entier. À la gratte et au chant, Barclay tient le bazar à bout de bras. Rappelant la férocité et la tension d'un Horrors du temps de Strange House ou plus récemment d'un Savages. Le bonhomme a dû faire un stage dans la campagne suisse chez le Reverend Beat-Man quand il était petit. The Amazing Snakeheads sonne comme un album du patron et plus largement de son label Voodoo Rhythm... Comme sur disque, hautement recommandables, habités et secs, ces mecs ont de quoi séduire les fans de Birthday Party, des Cramps, des Movie Star Junkies, du Gun Club. Un déluge teigneux par-ci, un peu de saxo par-là. Les Ecossais méritent amplement le statut de révélation des Nuits. De 2014 déjà aussi.

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