Nick Cave & the Bad Seeds - Push the Sky Away

18/02/13 à 16:57 - Mise à jour à 16:57

ROCK | Nick Cave range la sauvagerie de Grinderman au placard et sort son quinzième album avec les Bad Seeds. Beau et apaisé.

Nick Cave & the Bad Seeds - Push the Sky Away

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NICK CAVE AND THE BAD SEEDS, PUSH THE SKY AWAY, DISTRIBUÉ PAR PIAS. ***

"C'est fini maintenant. Rendez-vous dans à peu près... dix ans, quand on sera encore plus vieux et moches. Bonne nuit!" Le 10 décembre 2011, au terme d'un concert au Meredith Music Festival, dans les champs australiens, Nick Cave annonçait l'abrupte dissolution de Grinderman. Alors qu'il hurlait encore son No Pussy Blues sur scène il y a un an et demi, envoyant Warren Ellis au tapis dans son épilepsie rock'n'rollesque et un déluge d'électricité, Nick Cave dévoile ces jours-ci l'un de ses albums les plus apaisés. Avec, pour la petite histoire, sa femme, Susie Bick, nue sur la pochette, dans leur propre chambre à coucher.

Produit avec l'aide de Nick Launay (PIL, Slits, Talking Heads, Supergrass), un habitué qui bossait déjà sur le single Release The Bats de The Birthday Party en 81 et a produit tous les disques de Cave et compagnie depuis Nocturama en 2003, Push the Sky Away a été enregistré à La Fabrique. Une maison du XIXe siècle dans le sud de la France remplie de vieux vinyles classiques. Pour la première fois depuis le départ de Mick Harvey, Nick y a retrouvé ses Bad Seeds aux rangs desquels figurent aujourd'hui Martyn Casey (basse), Thomas Wydler (batterie), Jim Sclavunos (percussions), Conway Savage (choeurs) et évidemment ce vieux barbu de Warren Ellis (Dirty Three), homme à tout faire (violon, flûte, guitare, claviers, loops) dont il est devenu inséparable depuis 18 ans maintenant.

Plus sensuel que sexuel

Le son brutal de Grinderman est loin. Très loin. D'une beauté sombre, Push the Sky Away et ses ballades perverses dévoilent Nick Cave dans ce qu'il a de plus posé, ténébreux et introspectif. Un Nick Cave assagi, apaisé, qui a apparemment puisé une bonne partie de son inspiration sur Internet en général et Wikipedia en particulier ("Wikipedia is heaven/When you don't want to remember no more").

S'il lui manque la tension, les aspérités qu'on aime tant chez l'indémodable quinquagénaire (il aura 56 balais le 22 septembre) de Warracknabeal, il y a du Boatman's Call, du Leonard Cohen et un côté tinder-stickien dans ce disque plus sensuel que sexuel. Premier morceau et single de l'album, We No Who U R, dont le clip nocturne et boisé a été réalisé par Gaspar Noé -le réalisateur de Seul contre tous et Irréversible vient aussi de signer la vidéo du Applesauce d'Animal Collective-, constitue l'un des temps forts de cet album au même titre que Water's Edge ou l'étiré et possédé Higgs Boson Blues.

Comme ça se fait souvent aujourd'hui, Push the Sky Away (Cave and co ont créé leur propre label, Bad Seeds, pour l'occasion) est disponible sous de multiples formats. Dont une version Limited Deluxe CD/DVD et en coffret super Deluxe avec vinyle, chansons bonus sur 45 Tours exclusifs et réplique du carnet de notes de sa majesté. La classe.

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