Marcus Haney, le passe-muraille des festivals

25/07/14 à 16:46 - Mise à jour à 09/08/14 à 10:31

Source: Focus Vif

Le jeune photographe et réalisateur est parvenu à entrer dans plus de quarante festivals sans payer et en a fait un documentaire.

Marcus Haney, le passe-muraille des festivals

Un resquilleur immortalisé par le jeune photographe. © Marcus Haney

Coachella: 280 euros, Glastonbury: 270 euros, Ultra Music Festival: 296 euros, Bonnaroo: 210 euros. Les grands festivals de musique sont le genre de folie qui coûte un bras, voire plus, à un étudiant. Marcus Haney a 26 ans et au cours des quatre dernières années, il s'est rendu à tous ces prestigieux évènements sans débourser un sou. Sa technique? Feinter, se faufiler, copier, le tout avec une bonne louche d'audace.

Tout commence en 2010. L'étudiant en cinéma d'alors décide de se rendre avec son pote Adam au Coachella, l'un des plus grands festivals américains, voire du monde. Ils n'ont rien pour payer l'essence mais se débrouillent tout de même pour atteindre le lieu de l'évènement. En fait, il n'ont pas d'argent du tout, encore moins pour payer les presque 300 euros d'entrée. Qu'à cela ne tienne, à quatre heures du matin, les deux garçons sautent une clôture qui les sépare du site et restent cachés jusqu'à l'ouverture du festival. C'est la toute première fois que Marcus trompe la sécurité et assiste aux concerts sans pass, raconte-t-il à Noisey dans une interview. Depuis, le Californien est entré dans une quarantaine de festivals sans payer, en imitant les bracelets, en se glissant par l'entrée des camions ou encore en passant tout simplement à côté des gardes à l'entrée, confiant.

Marcus Haney prend régulièrement la route avec pas grand chose en poche, si ce n'est une sacrée dose de toupet.

Marcus Haney prend régulièrement la route avec pas grand chose en poche, si ce n'est une sacrée dose de toupet. © Marcus Haney

Une tournée et un documentaire

Le jeune photographe et réalisateur a poussé le défi jusqu'à pénétrer en backstage ou dans les espaces presse pour mettre en boite les concerts. Ces quatre années de filoutage, par amour pour la musique (et quoi qu'on puisse en penser, pour les festivals), il les a compilées dans un documentaire: No Cameras Allowed. Le trailer, disponible depuis peu, est à s'en lécher les babines. En quelques minutes, il est clair que le sale gamin passionné s'apprête à nous faire prendre part à un voyage musical en tout point de vue inédit. A travers les images transparaissent une personnalité optimiste et insouciante et un culot attachant, qui lui permettront notamment de se faire inviter dans la tournée en train du groupe Mumford & Sons. "Marcus peut entrer partout", affirme Ted Dwane, le bassiste du groupe, au magazine Middle 8. "On lui a un jour enlevé ses accréditations et on l'a jeté hors d'une salle canadienne. Dans les 20 minutes, il avait non seulement réussi à arriver dans notre loge après être entré par la porte principale du lieu, mais il avait aussi grimpé sur la scène avant que le premier groupe ne joue, levé son appareil au-dessus de sa tête et pris un cliché des quelques premiers milliers de personnes qui attendaient derrière la barrière ".

Aucune date de sortie en Belgique ou même en Europe n'a encore été dévoilée pour le film (qui sortira en plusieurs épisodes sur MTV aux États-Unis), mais il y a fort à parier que Marcus Haney parviendra, d'une manière ou d'une autre, à lui faire passer nos frontières.

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