Les pochettes de vinyles, vecteurs de mythes, mises à l'honneur à Arles

23/07/15 à 10:37 - Mise à jour à 27/07/15 à 15:03

Source: Belga

Abbey Road et le passage clouté des Beatles ou la braguette des Rolling Stones pour Sticky Fingers: les pochettes de vinyles ont contribué aux mythes des grands musiciens comme en témoigne une exposition à Arles (sud de la France).

Les pochettes de vinyles, vecteurs de mythes, mises à l'honneur à Arles

© DR

Six cents pochettes de disques sont exposées dans le cadre des Rencontres internationales de la photographie organisées comme chaque année dans cette ville. Elles retracent les liens étroits entre photographie et musique.

"Nous avons voulu montrer le travail des grands photographes sur les pochettes de disque", expliquent les deux commissaires d'exposition, Antoine de Beaupré et Serge Vincendet. La plupart des grands photographes s'y sont essayé avec succès, tels Richard Avedon, Andy Warhol, David Bailey, Irving Penn qui ont dès lors contribué à la notoriété des chanteurs ou des groupes.

Richard Avedon a illustré plus d'une centaine de pochettes, avec notamment des portraits de Cher, Simon et Garfunkel, Sylvie Vartan et Joan Baez.

Les sérigraphies polaroids redessinées et peintes de Warhol, qui démarra comme graphiste, ornent notamment les pochettes des Rollings Stones, Velvet Underground, Diana Ross, John Lennon. Une soixantaine de sérigraphies pour vinyles ont été créées par l'artiste qui sont toutes devenues des pièces de collections.

Mais "c'est Bailey qui a construit l'image de mauvais garçons des Stones, opposée à l'image sage des Beatles", précise Serge Vincendet, collectionneur de plus de 70.000 pochettes.

Pour les Beatles, toute une série de photos, faites par la photographe Linda McCartney, la femme de Paul, montre le "making of" du célèbre cliché d'Abbey Road pris par Iain MacMillan et les déclinaisons auxquelles la photo a donné lieu, en clin d'oeil, par d'autres artistes.

Les pochettes de vinyles, vecteurs de mythes, mises à l'honneur à Arles

Le Français Lucien Clergue, co-fondateur des rencontres d'Arles, fait partie de ces photographes étroitement associés à la musique. Ami intime de Manitas de Plata, il a illustré tous les albums du guitariste manouche.

L'exposition affiche encore Jean-Paul Goude mettant en scène Grace Jones, William Klein photographiant Gainsbourg, Miles Davis par Irving Penn, David Hamilton faisant poser un Claude François juvénile.

L'essor de la photo sur vinyles

Les labels de disques ont aussi largement contribué à l'essor de la photo sur vinyles, dont Blue note, label mythique du jazz. L'exposition met en regard les photos originelles et les photos retravaillées pour les pochettes, dont John Coltrane, Lee Morgan, "des images jamais vues auparavant", dit Antoine de Beaupré.

"Les photographes marquent leur temps. Certaines photos sont très années 50, d'autres années 70 ou 80", souligne-t-il.

Les pochettes d'ESP créées en 1964 montrent de beaux portraits noir et blanc des grandes figures du free jazz. A la fin des années 60, les pochettes d'ECM puis d'Hipgnosis délaissent le portrait pour des photos totalement abstraites et minimalistes, comme celles des Pink Floyd.

Avec plus de 350 pochettes, Jean-Baptiste Modino est celui "qui a réalisé le plus de pochettes de disques au monde", raconte Serge Vincendet: Prince, Björk, Madonna. Dans une interview filmée, le photographe explique un travail méticuleux avec chacun pour créer la pochette de disque qui "fait la synthèse de l'artiste".

Parfois, ce sont les musiciens qui se sont mis au service de la photo en exploitant les fonds de tel ou tel photographe connu comme Rickie Lee Jones avec Brassaï.

Aujourd'hui, la disparition progressive du support physique de la musique au profit d'un support numérique dématérialisé menace-t-elle la photographie?, s'interroge le visiteur. Non, car "il y aura toujours besoin d'un visuel photographique ou graphique pour illustrer un album", assurent les commissaires.

Environ 13.500 visiteurs ont été recensés lors de la semaine d'ouverture du festival, du 6 au 11 juillet. Quarante pays sont représentés à Arles, où quelque 13.000 professionnels et 70.000 personnes sont attendues jusqu'au 20 septembre.

Avec l'AFP

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