Les bonnes surprises de Matthew Herbert

10/07/10 à 11:22 - Mise à jour à 11:22

Producteur, DJ, Herbert n'est jamais à cours de projets. Avec à chaque fois une idée précise derrière la tête. Et une exigence : faire sortir la musique de sa niche et la remettre au coeur de la société.

Les bonnes surprises de Matthew Herbert

© myspace.com/matthewherbert

Dis comme cela, cela peut paraître pompeux. Dans la réalité, Herbert n'oublie jamais d'être ludique. Le précédent There's Me and There's You avait beau être chargé politiquement, il faisait passer son discours à l'aide d'un big band pétaradant.


Récemment, l'Anglais est revenu cependant à des préoccupations plus intimiste, en se lançant dans une série baptisée One. Premier chapitre : One One, album sorti au printemps dernier, et dont Herbert était le seul maître d'oeuvre. Le résultat est son disque non seulement le plus personnel, mais aussi le plus accessible, petite pépite d'électro ouatée.

À Liège, le bonhomme est cependant venu présenter le prochain volet de la série : One Club, disque qu'il doit terminer ces prochains jours, et qu'il a construit à partir de sons recueillis lors d'une et une seule nuit dans le fameux club de Francfort, le Robert Johnson.


Sur scène, Herbert a planté une tente igloo ( ?), et monté une échelle au sommet de laquelle il a installé un sampler. La surprise vient cependant de la musique. Herbert balance en effet un groove bruitiste auquel on ne s'attendait pas forcément.

A l'intérieur des halles surchauffées, il faut pouvoir se le farcir. A coup de petits décalages, de petites erreurs, Herbert arrive cependant à introduire le risque et l'inattendu dans son électro. Un peu à la manière d'un comédien de film muet, il passe d'une machine à l'autre. La séquence vire même au burlesque quand l'échelle s'écroule (involontairement) en plein milieu du set ! Et d'inventer en direct une sorte de slapstick techno, profondément humaine. Fallait y penser...

Laurent Hoebrechts, à Liège

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