Le Septante-cinq minutes: les Français vus par les Belges sur France Inter

24/06/13 à 16:37 - Mise à jour à 25/06/13 à 17:22

Cet été, Alex Vizorek et Charline Vanhoenacker s'emparent des ondes de France Inter chaque jour pendant 75 minutes pour une émission 100% animée par des Belges.

Du 1er juillet au 30 août, chaque jour de la semaine entre 11h et 12h15, l'humoriste Alex Vizorek et la journaliste Charline Vanhoenacker poseront leur regard un brin moqueur sur les Français dans leur émission Le septante-cinq minutes. Le principe: titiller nos chers voisins pendant 1h15. "Il y a une ironie bienveillante. On les connait par coeur, nous, les Français. Et ils nous ne nous connaissent pas bien. On a un avantage sur eux à ce niveau- là", explique Charline Vanhoenacker.

Alex Vizorek ouvrira la danse avec une chronique d'actualité ou dans l'air du temps, qui s'articulera soit autour de l'opposition Belgique-France, soit autour de l'actualité brûlante. Charline Vanhoenacker observera la manière dont les médias français meublent les mois de juillet et août. "L'été c'est les sujets plages, on va trouver des trésors d'imagination surtout dans les chaînes d'info en continu. Il y aura le Tour de France, les JMJ à Rio, et savoir qu'il y a les petits jeunes de la Manif pour tous qui vont aller au pays de la samba, ça va leur faire le plus grand bien." Des invités politiques, culturels et scientifiques seront également conviés dans les studios de France Inter. Une note internationale s'ajoutera à l'émission, avec des chroniques suisses, belges et québécoises issues des Radios francophones publiques.

Quand Philippe Val, le patron de France Inter a lancé à Alex Vizorek "Vous les Belges, ça fait quand même trente ans qu'on vous tape dessus. On vous doit bien ça. Charline Vanhoenacker, vous la connaissez? Eh bien on va faire quelque chose", l'humoriste n'en a pas cru ses oreilles.

Si le duo a l'intention d'étriller les Français, il ne souhaite pas tomber dans la caricature. Ce serait trop facile. "Je vais mettre un grand panneau pour compter le nombre de fois où on va dire frites. Parce que je voudrais qu'il y en ait le moins possible", précise Alex Vizorek. Charline Vanhoenacker, quant à elle, aime jouer avec les clichés. "Je risque de dire 'frites' de temps en temps."

Le septante-cinq minutes

Le septante-cinq minutes © Jean-Yves Limet

Depuis un an, la correspondante à Paris pour la RTBF n'est pas tendre avec nos voisins les Français. Dans ses chroniques pour l'émission de Pascale Clark, elle n'hésite pas à leur tendre un miroir grossissant. "Je peux leur dire: "Vous êtes quand même encore un empire, un empire colonial. Vous avez plein de colonies, les colonies de vacances, la Martinique, la Guadeloupe"", explique la journaliste. Et comme elle est Belge, les auditeurs ne se sentent nullement offensés. Charline Vanhoenacker pense que ce qui les intéresse, c'est de se prendre des claques. "Et si c'est un Français qui le fait, ça passera moins bien". La journaliste remarque qu'une partie de la population française prend conscience de son conformisme. "D'autant plus avec ce qui s'est passé avec le mariage pour tous qui a été un électrochoc où toute cette partie de la France s'est rendu compte qu'ils étaient complètement à la masse et qu'ils étaient ultra conservateurs."

Pour Alex Vizorek, les auditeurs français ne prendront pas la mouche. "Je crois que nous nous avons la caution "p'tit frère sympa". C'est comme le gamin qui, à un barbecue, dit "franchement, on s'amuse pas ici". Donc nous on peut faire ça. Venant du petit gamin sympathique, c'est plutôt bien pris", explique l'humoriste. "Les Français entre eux, soit ils se cirent les pompes, soit ils se démontent la gueule." Dans cette nouvelle émission, le duo souhaite trouver un juste milieu. Ni trop gentil, ni trop belliqueux. Charline Vanhoenacker insiste sur sa volonté de ne pas dézinguer les gens: "On peut être bienveillant, gentil dans le bon sens du terme tout en étant piquant parce qu'à la belge, on l'est toujours, mais avec un minimum d'élégance quand même."

C'est la première fois que le duo belge prend les rênes d'une émission radio. Alex Vizorek reconnaît être un peu stressé à l'idée d'animer le Septante-cinq minutes: "J'ai l'habitude de rentrer dans un studio avec un papier où je sais que j'ai quatre minutes à faire et le reste du temps, je pose mon cul." Pour Charline, son angoisse principale est de sauter dans le grand bain. "C'est comme si on nous enlevait les petites roues du vélo. Voilà. On va faire combien de mètres avant de rouler droit et ne pas poser le pied par terre?"

Et pour les auditeurs belges qui souhaiteraient suivre le Septante-cinq minutes, l'émission sera diffusée chaque samedi matin sur La Première à 9h.

L.C. (stagiaire)

Nos partenaires