Le big Bozar des Girls In Hawaii

10/12/14 à 12:34 - Mise à jour à 13:41

Mardi soir, les Girls In Hawaii clôturaient un an et demi de tournée avec une ultime date acoustique au Bozar. Compte-rendu.

Le big Bozar des Girls In Hawaii

Girls In Hawaii à Bozar. © Yvo Zels

A priori, tout paraît normal. Le monde devant le bar, bière à la main. Le stand merchandising, avec vinyles et t-shirts. Le décor est pourtant particulier. Le moment est particulier: on ne joue pas tous les jours au Palais des Beaux-Arts. Mardi soir, les Girls In Hawaii y terminaient leur mini-tournée acoustique, clôturant elle-même un an et demi de concerts, par une ultime date bruxelloise. Une brève parenthèse: le concert faisait l'objet d'une coproduction entre le Bozar, le Botanique et l'Ancienne Belgique. Quel groupe peut se vanter de susciter une telle unanimité fédéralo-franco-flamande? Fin de la parenthèse...

Un peu avant 21h, alors que la sonnerie de la salle Henry Le Boeuf commence à se faire insistante, les ouvreuses sourient donc gentiment en voyant débouler au dernier moment un public qui ressemble si peu à celui du Concours Reine Elisabeth. Sur scène, les Girls In Hawaii arrivent eux en chemise, veston, voire cravate. La scène est étrange, même les applaudissements ont ici un écho particulier. Cela pourrait être impressionnant. Au milieu du concert, quand Daniel Offerman s'avance tout sourire pour chanter Couples On TV, il fait remarquer à Antoine Wielemans: "On avait donc dit qu'on terminerait la tournée avec une série de concerts plus intimes, c'est bien ça?..." Plus tôt, Lionel Vancauwenberghe avait déjà lancé, visiblement ému: "On est touchés, impressionnés, merci, merci, merci." Le concert est alors entamé depuis une petite vingtaine de minutes et les Girls viennent de ressortir un Bees And Butterflies des débuts, dont la naïveté adolescente fonctionne décidément toujours.

Le groupe est particulièrement en place. Voire appliqué? Il y a de ça. Mais là où cela ralentissait parfois la machine en électrique, le dispositif prend ici tout son sens. L'option (majoritairement) acoustique permet de poser les choses. Sans pour autant les figer. Littéralement même: sur la scène, les musiciens n'arrêtent pas de changer de place ou d'instrument. Ce mouvement perpétuel est souligné en pointillé par un jeu de lumière aussi sobre et élégant que diablement efficace. The Creek, présent sur le récent EP Refuge, suivi de Mallory's Heights est ainsi un premier moment fort, qui démontre que la formule à "voltage limité" permet les variations d'humeur et les montées en puissance, comme le prouvera encore plus tard la version dynamitée de Rorschach. Parfois, il ne suffit pas de grand-chose pour donner une nouvelle couleur aux morceaux, comme quand Daniel remplace les claviers de Misses par une flûte. De son côté, Antoine Wielemans semble n'avoir jamais chanté aussi bien, comme sur Head On, épique et sentimental à la fois.

Pour entamer le dernier tiers du concert, le groupe choisit de reprendre le Heart of Gold de Neil Young, pétrolé par l'harmonica de François Gustin, et cela marche! S'avançant lentement, The Spring avance ensuite sur le fil, avant que Lionel n'entame seul Switzerland. Un véritable éloge de la fragilité. Built A Devil termine le concert de manière plus énervée, avant que les Girls ne reviennent pour un rappel. Rassemblé au centre de la scène autour d'un micro unique, le groupe remercie encore une fois le public avant qu'Antoine n'entame Organeum, bientôt rejoint par ses camarades. On pouvait difficilement imaginer final plus poignant pour un concert qui ne l'était pas moins.

SETLIST: Where Do Your Tears Come From? / This Farm Will End Up In Fire / Bees & Butterflies / Catwalk / The Creek / Mallory's Heights / Misses / Couples on TV / Head On / Rorschach / Leviathan / The Fog / Heart of Gold / The Spring / Switzerland / Build A Devil // Organeum.

En savoir plus sur:

Nos partenaires