LaSemo J2: Zaz fait pleurer le Bon Dieu

08/07/12 à 20:51 - Mise à jour à 20:51

Une Zaz criarde attire l'orage, un petit groupe de l'autre côté du globe nous emporte au gré de ses rythmes caliente et on finit en beauté avec la musique endiablée des français du Babylon Circus.

LaSemo J2: Zaz fait pleurer le Bon Dieu

© Joëlle Van Laethem

La météo, c'est l'art de se tromper. Depuis Benjamin Franklin et son paratonnerre, rien n'a changé à ce niveau-là. Une fois n'est pas coutume, la météo nous annonçait ce samedi un temps à rester terré chez soi, et à la place on a été gratifiés d'une journée magnifique. Ce que la météo aurait pu prévoir, par contre, c'est la drache qui a choisi de s'abattre sur LaSemo, pile pendant le concert de Zaz. Coïncidence? Je ne pense pas.

Durant toute la prestation de celle que Télérama présentait comme le nouvel espoir de la chanson française en 2010 (on n'est pas dans la merde), on n'a cessé de jalouser les gosses qui avaient reçu des beaux casques de protection pour préserver leurs jeunes tympans fragiles. Parce que Zaz, elle chante (un peu, et pas toujours bien), mais elle crie surtout (beaucoup). A un point tel que nos oreilles, blasées qu'elles sont par quelques années d'écoute intensive d'i-pod au volume maximum, ne l'ont pas supporté.

Zaz, c'est une imposture. Le genre de fille qui arrive à se faire passer pour le renouveau de la chanson française alors qu'elle n'est rien de plus que la Lorie du manouche, une vague réplique de Yannick Noah, la raquette en moins, les chaussures en plus. Si la chanteuse s'était produite en milieu d'après-midi, entre un clown et un sculpteur de ballons, on n'aurait pas bronché. Mais là, Isabelle de son prénom, était sur la scène des grands, et ne cessait pourtant de s'adresser à un public d'enfants, au mieux pré-pubères. "Dans ma vie, il y a eu un avant et un après: le moment où tout a changé c'est quand j'ai compris que pour aimer la vie, il faut d'abord s'aimer soi-même". On n'invente rien. Zaz a jugé bon de nous asséner pendant tout le concert de philosophie du pauvre, du type qu'on trouverait dans la rubrique "citation favorite" du carnet d'amitié d'une gamine de 8 ans. Juste entre "ma passion: le cheval" et "mon plus grand souhait: nager avec les dauphins". Mais là il est passé 22h, les enfants sont fatigués, il est temps de fermer la blablamatique. De notre côté, on s'accorde un petit cache-cache pub histoire d'atténuer la douleur: "on bouche les yeux, on cache les oreilles, et on r'garde pas". Le summum est atteint avec la chanson Les passantes, dans laquelle la chanteuse revisite à sa sauce la célèbre comptine Passe, passe, passera. On comprend mieux maintenant où la chanteuse va puiser ses inspirations!

Sauf que Dorothée, elle, au moins, avait la décence de ne pas tromper sur la marchandise, à savoir: de la variétoche sous ecsta pour enfants de moins de 8 ans. C'est donc officiel, Zaz rejoint Christophe Maé en tête de notre classement des chanteurs les plus insupportables de leur génération!

Heureusement, la suite de la soirée se présente sous de meilleurs auspices. La pluie s'arrête avec la voix de Zaz. Et à l'autre bout de la plaine, sur la petite scène du Cabaret, les musiciens d'Onda Vaga s'apprêtent à démarrer leur concert. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, ces 8 musiciens venus tout droit de Buenos Aires, parviennent à nous faire voyager à l'autre bout du monde. Sur une plage de sable blanc, autour d'un feu de camp, dansant une bouteille de rhum à la main. On voudrait que ça dure jusqu'à l'aube, eux ne seraient pas contre non plus. Mais il y a un planning à respecter. L'appel des cuivres du Babylon Circus résonne déjà au loin. Avec leur bon ska festif, les Français connaissent la recette pour faire bouger la foule comme un seul homme. Leur énergie dévastatrice en fait un groupe de scène hors norme. La mayonnaise prend immédiatement, et notre soirée est réussie.

Valentine François (stg)

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