Maxime Delcourt
Maxime Delcourt
Journaliste
Opinion

15/10/13 à 09:16 - Mise à jour à 15:05

La gratuité au secours de l'industrie musicale

À l'heure où le streaming prend les devants, le pertinent label français Almost Musique publie des compilations gratuites de groupes non-signés.

La gratuité au secours de l'industrie musicale

© Mostla

Autrefois sujette à de plantureux bénéfices, l'industrie musicale est depuis plus d'une décennie en crise. On nous le dit, on nous le répète et on finit par le croire: trop de téléchargements illégaux, trop de marketing défaillant, trop de streaming et pas assez de ventes physiques pour stabiliser une comptabilité fragile. Certains labels prennent donc la tangente et misent sur la beauté de l'objet disque (Kütu Folk et ses albums cousus mains), sa rareté (Atelier Ciseaux) et, plus étonnant, sa gratuité.

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Certains labels prennent la tangente et misent sur la beauté de l'objet disque, sa rareté ou, plus étonnant, sa gratuité.

A ce petit jeu, c'est le pertinent label français Almost Musique qui donne le ton, en publiant tous les deux mois une compilation gratuite, uniquement composée de groupes non-signés. "La série de compilations MOSTLA, c'est notre laboratoire, ça nous permet de trouver de nouveaux groupes tout en utilisant un outil novateur pour promouvoir la musique", résume Benjamin Caschera. Et de poursuivre: "Ces compilations correspondent à notre volonté première: trouver des groupes jeunes et tenter de grandir avec eux, en nous adaptant à leur besoin."

Bien sûr, ce ne sont pas les compilations qui manquent aujourd'hui: les labels, les marques, les agences de pub, les blogs, tout le monde s'y adonne. Mais pour Benjamin Caschera, l'essentiel est ailleurs. Et plus précisément dans la rareté des titres sélectionnés, dont "la plupart ne sont pas sur Spotify ou Deezer, et n'étaient pas sur YouTube avant qu'on les y mette". Sans slogan ni gimmicks d'agence de marketing, Almost Musique se voit donc comme un médiateur entre les groupes et les gros labels, comme ce fut le cas avec MONEY, dont les premiers morceaux ont rapidement suscité l'intérêt de Bella Union (Fleet Foxes, Beach House, Midlake...). "La vraie question est de savoir si un média comme le nôtre peut contribuer au regain de l'industrie musicale." On l'espère sincèrement...

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