L'Orchestre Poly-Rythmo transforme Dour en Cotonou

14/07/11 à 23:34 - Mise à jour à 23:34

45 ans d'existence et quelques 500 disques... Le Tout-Puissant Orchestre Poly-Rythmo a mis Dour en branle. Incroyable destin...

L'Orchestre Poly-Rythmo transforme Dour en Cotonou

© Noah Dodson

"C'est comme sentir que l'on transperce une poupée à votre effigie et que c'est James Brown qui tient l'aiguille", écrivent les Inrocks à son sujet. L'Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou est une véritable machine à danser. Elevé au son des yéyés et du patron, adulé par Franz Ferdinand, il est l'un des plus vieux et prolifiques d'Afrique. Il a joué avec Manu Dibango, Orquesta Aragon, Fela... "Mais nous n'étions pas le genre de musiciens à penser que des substances ou un harem pouvaient augmenter nos capacités musicales. On aimait beaucoup sa musique, mais on a refusé de s'installer au Shrine", racontent-il sur Mondomix.

En attendant, l'Orchestre n'aurait sans doute jamais mis le petit orteil en Europe si une journaliste de France Culture ne s'était décidée à le traquer pour une interview. En 2007, Le Tout Puissant ne se retrouve plus que pour des commémorations et n'est encore jamais sorti d'Afrique. Comme elle ne veut pas payer pour les rencontrer, les musiciens inversent les rôles et posent les questions. Elodie Maillot peut-elle les aider à jouer ne serait-ce qu'une fois hors de leur continent? La cote de leurs vinyles a grimpé en flèche. Quelques labels branchés ont réédité leurs trésors cachés. Deux ans plus tard, ils ouvrent le festival de jazz de LA Villette, enchaînent Londres et Amsterdam. Le Barbican et le Paradiso...

"Si la mort était corruptible, je dépenserais une fortune pour sauver mon père ou ma mère", chantait Poly-Rythmo il y a trente ans. En 2011, il a perdu quelques-uns de ses membres mais les rescapés ont enregistré un nouvel album. Et à en juger par ce qu'il se passe au Dance-Hall, ils tiennent encore un sacré sens de la soul et du funk made in Africa avec relents de salsa et de rumba. On comprend que Poly-Rythmo ait animé les nuits chaudes du Bénin dans les années 70. La première de Dour s'annonce torride malgré le ciel capricieux.

J.B.

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