L'été indien: Purity Ring - Shrines

05/09/12 à 15:40 - Mise à jour à 15:40

DREAM POP | Nappes synthétiques, beats hip hop, voix spectrales: bienvenue dans le monde cotonneux du duo canadien Purity Ring

L'été indien: Purity Ring - Shrines

PURITY RING, SHRINES, DISTRIBUÉ PAR 4AD. ***

DREAM POP | La pop est décidément une histoire difficile à circonscrire. D'un côté, elle s'emballe dans des accents maximalistes. De l'autre, elle a de plus en plus tendance à se cultiver en chambre. Des petits producteurs qui rêvent/cauchemardent leur propre monde, cotonneux, synthétique, souvent refermé sur lui-même. Claustrophobe, l'univers de Purity Ring l'est certainement. Il est l'oeuvre d'un duo canadien, constitué de Megan James (voix fantomatiques, textes tordus) et Corin Roddick (le reste). Tous les deux ont grandi du côté d'Edmonton, Alberta. Un million de personnes tout de même, avec la banlieue. Mais pas grand-chose à faire quand on a 16 piges, pas de voitures, et des envies de créer de la musique, des visuels... Roddick: "On s'est rencontrés il y a 5 ans. A force de se croiser dans les mêmes endroits. A Edmonton, la communauté artistique n'est pas très grande, tout le monde se connaît. On ne fait pas forcément tous la même chose, mais il y a un même besoin d'être créatif." Au final, les deux quittent le bercail -"à moins de bosser dans l'industrie du pétrole autour de laquelle s'est construite la ville, sourit James , il n'y a pas vraiment de raison de rester dans un endroit comme Edmonton". Mais ils restent en contact. Et un an après avoir évoqué une éventuelle collaboration, Roddick envoie par mail quelques premières ébauches de morceaux à Megan James. En janvier 2011, le duo sort le titre Ungirthed, qui affole directement la hype.

Pop érable

L'album sort aujourd'hui et confirme la singularité de Purity Ring. Taillé d'un seul bloc, il a parfois les qualités (la cohérence, la vision) de ses défauts (l'entêtement, l'isolationnisme). Mais il a le mérite de ne jamais baisser d'intensité. Aussi particulier soit-il, Shrines ne tombe cependant pas de nulle part. Il plaira ainsi aux fans de projets aussi glaciaux que The Knife ou, plus ancien encore, des Cocteau Twins -ce n'est pas totalement un hasard si Purity Ring est signé sur le label 4AD, maison-mère d'une certaine cold wave made in eighties...

En même temps, la musique du duo colle bien au zeitgeist, construisant par exemple une partie de sa trame sonore sur base de programmations hip hop -on pense par exemple à Drake ou Weeknd, compatriotes du duo. Il doit d'ailleurs y avoir un truc particulier dans l'air canadien: plus tôt cette année, un projet comme celui de Grimes, née Claire Boucher du côté de Vancouver, avait déjà frappé les esprits, poussant encore un peu plus loin l'étrangeté sonique. "On se connaît un peu, explique sans surprise Roddick . On a beaucoup d'estime l'un pour l'autre. C'est marrant parce qu'elle revendique aussi des influences r'n'b, mais plutôt dans le chant. Nous, c'est plutôt l'inverse: on a des influences hip hop, mais elles se retrouvent davantage dans la production que dans les voix. Donc je peux comprendre les rapprochements. Mais les démarches restent quand même différentes."

EN CONCERT LE 06/11 À COURTRAI (DE KREUN), LE 07/11 À BRUXELLES (ANCIENNE BELGIQUE).

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