IMHD 2.4: pas un disque strident

19/09/12 à 10:50 - Mise à jour à 10:50

Ne se prétendant pas détenteur du bon goût, Deejay Kwak vous invite à découvrir ce qui lui chatouille les portugaises. In My Hard Drive S02E04.

IMHD 2.4: pas un disque strident

J'ai passé une excellente semaine. Merci. Repos, préparations diverses, élaboration, réflexion et cogitation au menu. Le lancement d'un nouveau concept de soirées (The Attic) aussi. Et deux retours qui me font plaisir dans la Nuit bruxelloise, Libertine Supersport et "Our Party" du collectif Onda Sonora. Tous deux sur une base que j'espère mensuelle. Une grande diversité de soirées est nécessaire à toute ville qui se respecte. Il y avait aussi, ce weekend, une très belle proposition pour les fans de reggae. C'est important, la diversité. Surtout en ces temps d'uniformisation avancée. Il en faut pour les goûts pointus, pour les goûts larges, pour le peu de goût et pour ceux qui se cherchent un goût. Parlant de goût, je tiens à dire que je ne m'en crois pas détenteur, ni exemplaire. Je prends plaisir à partager ce qui me chatouille les portugaises. Pas plus, pas moins.

Lesquelles n'ont été que moyennement chatouillés ces derniers jours. J'aime le silence aussi, parfois. Principalement quand je n'ai pas beaucoup le temps d'en profiter; comme de bien entendu.

Mala in Cuba est un album réjouissant. Pas passionnant de bout en bout, comme je m'y attendais, mais très agréable. Il devrait faire date pour ce croisement de cultures et de sons, sa vraie originalité est là. Il emmène le genre vers de nouvelles contrées. Mala le décloisonne malgré lui. Ca caresse, ça cogne, ça danse, basses abyssales et rythmiques acérées, une ambiance cubaine par ci et la tension West-London par là. Tout comme ce fascinant EP de Kromestar et DJ Jay 5ive à venir sur le label dudit Mala, Deep Medi. Deux robots se rencontrent pour produire une musique parfaitement mécanique, méditative, se dévoilant par couches successives. Pas un disque strident à faire des bonds sur fond de gros soundsystem et de kétamine ingurgitée par poignées, plutôt un truc à fumer un gros pétard et se plonger dans ces ambiances cinématiques, la tête dodelinant en mesure.

 

Polie, bien élevée, la fusion jazz-soul du combo du français Stéphane Ronget, The Rongetz Foundation. Avec la participation de vocalistes tels que Gregory Porter, John Robinson ou Renée Neufville, Brooklyn Butterfly Session se déguste au salon, confortablement assis. Bien écrit et joué, bien chanté, délicat, le disque, aussi teinté de hip hop et de couleurs latines pêche par trop de netteté. Pas la moindre salissure, la moindre aspérité à se mettre dans l'oreille. Reste un bon disque, de facture classique, bien produit, plein de musicalité. Ronget, trompettiste de son état, s'est entouré de sérieux clients qui mettent bien en valeur ses (bonnes) compositions. Cependant, il serait bon d'assister à un renouvellement du genre.

La bonne surprise vient de la house du belge San Soda. Sur le label gantois We Play House, il livre un cinquième EP au groove affirmé et sexy dans quatre morceaux sur cinq... tant que l'insupportable chanteur la ferme. Que ce Gustaph fasse partie de Hercules & the Love Affair et soit couvert de hype me laisse complètement froid. Je trouve qu'il y a autant de sex-appeal dans cette voix que dans un lave-vaisselle et la chanson est mal écrite.

 

Allez, je vous laisse. Quoi que vous fassiez, faites-le bien. En vous souhaitant une excellente semaine. Et rappelez-vous: Don't believe the hype!

EN ROTATION LOURDE CETTE SEMAINE

ALBUMS

+/ Mala: Mala in Cuba (Brownswood) / dubstep-latin
+/ The Rongetz Foundation: Brooklyn Butterfly Session (Heavenly Sweetness) / jazz
+/ Jazz Collective: Jazz Collective (JCR) / jazz-house-latin

SINGLES, 45'S & EP'S

+/ Kromestar & J5ive: Knowledge EP (Deep Medi)
+/ Andrew Ashlong: Flowers (Sound Signature)
+/ San Soda: Toch Al de 5de EP (We Play House) / house

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