Feu! Chatterton: "Notre emploi de la poésie vient d'abord de la pudeur"

22/03/18 à 10:18 - Mise à jour à 10:18
Du Le Vif Focus du 15/03/18

Moins dandys parisiens que collectif musical, Feu! Chatterton se réalise parfaitement dans L'Oiseleur, deuxième album libérant l'escarcelle de l'amour perdu.

Cinq trentenaires, instruments dans les bras, comme d'encombrants bébés électriques assoupis. Au milieu de la Gare du Midi, Feu! s'en va reprendre le Thalys vers Paris, maison-mère. Malgré le buzz d'un premier album accueilli en superlatifs, ventes honorables et 200 concerts à succès, le quintet n'en est pas encore à engager des assistants. Confirmant aller au turbin volontaire, à l'unisson d'une musique débordant le cadre strict de la romance pour quelques questions empiriques. Voilà L'Oiseleur qui, sous un titre à la Michel Fugain, libère un Eden mélancolique dont l'adrénaline jeuniste ne ternit pas l'ambition textuelle, voire carrément littéraire. Raccord avec le patronyme de la formation, née à Paris en 2011, ce Thomas Chatterton, "poète et mystificateur anglais" du XVIIIe qui préféra se suicider à l'âge tendre de 17 ans plutôt que de mourir de faim... On pense donc rencontrer un package parisien vaguement sorbonnard, mais l'anonymat en moins, Feu! dans le civil fait plutôt penser à la courtoisie engagée des mecs de Fauve, cousins d'une musique qui n'enterre jamais ses velléités mélodieuses malgré les codages. Nous voilà donc en interview à cinq, exercice théoriquement laborieux vu le risque de réponses simultanées. Mais dans cet hôtel jouxtant la gare, la conversation prend un sens ordonné. Autour de la table et d'une tournée de bières forcément belges -avec bref débat sur les mérites respectifs de la Chimay bleue et de la Leffe- voilà de gauche à droite, Arthur (chant), Raphaël (batterie), Clément (guitare-clavier), Sébastien (guitare-clavier) et Antoine (basse). Hormis ce dernier, plutôt discret, tout le monde cause pas mal. Y compris sur le mode fabrication collectiviste de Feu! Clément: "C'est le parti pris du groupe, depuis les débuts. Ce n'est même pas quelque chose de théorisé, seulement a posteriori. On s'est rendu compte au fur et à mesure de la valeur ajoutée d'un tel fonctionnement, après avoir déjà un nombre conséquent de chansons."
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