Ferré chez les Belges

24/08/16 à 14:34 - Mise à jour à 15:04

Source: Le Vif

Un siècle après sa naissance, Léo Ferré (24 août 1916 - 14 juillet 1993) incarne toujours l'ultime poète libertaire fasciné par la musique. Amour et anarchie, déception et révolte... Son arme de séduction massive continue à produire ses effets. En Belgique aussi.

"Tout début des années 1950 à Paris, je parcourais les cabarets de la rive gauche: aux Trois Mailletz, il y avait quelques tables et puis ce type s'accompagnant au piano, qui portait des lunettes recollées au scotch. Plutôt doté d'un physique de chef d'orchestre (sourire), il chantait déjà Monsieur Tout-Blanc: "Monsieur Tout-Blanc/Vous enseignez la charité/Bien ordonnée/Dans vos châteaux en Italie/Monsieur Tout-Blanc/La charité/C'est très gentil/Mais qu'est-ce que c'est ?/Expliquez-moi." Je me suis dit que celui-là, je voulais le faire venir dans mon lieu, La Poubelle, à Bruxelles." Une soixantaine d'années plus tard, Jo Dekmine, directeur du Théâtre 140 de 1963 à 2015, peu porté par la nostalgie, parle de Léo comme d'une partie importante de sa vie. Coup de foudre artistique qu'il invite dans ses cabarets puis à quatre reprises au 140 entre 1964 et 1972: "La première fois, Ferré a logé chez mes parents à Schaerbeek, dans la chambre de mon grand-père, avec son grand chien adorable. Il était charmant et on parlait des poètes, notamment ceux qu'il adaptera plus tard en musique, Aragon, Verlaine, Rimbaud ou Apollinaire dont il voulait faire un oratorio. Ferré n'était pas une petite voix intéressante, mais un chantre, un cantor qui écrivait des chansons mais aurait supporté de composer des symphonies. Ce qu'il fera d'ailleurs plus tard, devenant son propre Mozart, son propre Beethoven."
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