Feeërieën: Cinq artistes à ne pas manquer

25/08/14 à 17:00 - Mise à jour à 17:17

Source: Focus

Opération séduction, mélomane, gratuite et bucolique de l'Ancienne Belgique, les Feeërieën mettent le Parc royal de Bruxelles en musique.

Feeërieën: Cinq artistes à ne pas manquer

Au total, ce sont quatorze artistes qui se produiront sur cette scène improvisée au milieu du Parc Royal. © Instagram ABconcerts

Chaque été, dans le cadre enchanteur du Parc royal, au pied du kiosque et sous les lampions, l'AB retient cinq soirées durant les vacances et berce de ses Feeërieën le centre verdoyant de Bruxelles juste avant les cloches de la rentrée. Pour sa onzième édition, le mini festival gratuit fait une nouvelle fois place à la délicatesse et à la découverte. Morceaux choisis.

Sun Kil Moon

Sun Kil Moon. Derrière ce nom de boxeur coréen se cache depuis plus de dix ans maintenant le chanteur et guitariste des Red House Painters. Soit le prolifique et tourmenté singer-songwriter Mark Kozelek. La désintox à quatorze ans et les alcooliques anonymes à quinze, ça vous marque un gamin. Après un disque de reprises et deux albums collaboratifs en 2013, l'Américain déballait en janvier Benji. Plaque bouleversante placée sous le signe des deuils passés et à venir. Les concerts du bonhomme -noyés sous la réverb- qui ont suivi, n'ont pas tenu toutes leurs promesses mais on ne peut que laisser une nouvelle chance au chant désolé et dépressif d'une des plus jolies plaques de ces huit derniers mois. Bassiste de Stillwater dans le Almost Famous cher à Cameron Crowe.

  • LE 25/08 À 21 H 45.
Feeërieën: Cinq artistes à ne pas manquer

© Caldo Verde

Olöf Arnalds

Si vous croyez encore que le chanteur de Take That, et non l'acteur de Good Morning Vietnam et du Cercle des poètes disparus, est décédé il y a quinze jours, prenez garde. C'est la douce Olöf Arnalds, et non son cousin Olafur, compositeur néo-classique, qui fera un détour par le Parc royal. Ancienne musicienne de tournée pour Mum et pote de Björk, d'ailleurs passée partager quelques harmonies vocales sur son premier album, Olöf est une folkeuse des brumes. Une sirène des fjords. Une version islandaise de Vashti Bunyan et de Joanna Newsom. Multi instrumentiste depuis son plus jeune âge (elle jongle avec le violon, le violoncelle, la guitare et a appris le chant lyrique), biberonnée aux chants traditionnels de son insulaire et fabuleux pays, au folk et à la musique classique, cette diplômée de la Iceland Academy of the Arts a dévoilé l'an dernier son troisième album. Le premier exclusivement chanté en anglais. Son monde enchanté vous tend les bras.

  • LE 26/08 À 20 H 45.
Olöf Arnalds

Olöf Arnalds © DR

Perfume Genius

Comme pour nous faire patienter jusqu'à la sortie de son troisième album, Too Bright, fixée au 23 septembre (un disque enregistré avec Adrian Utley de Portishead et marqué par la présence à nouveau de John Parish), Mike Hadreas, alias Perfume Genius, en donnera un avant-goût aux Feeërieën. Des chansons, selon le principal intéressé, habitées par la rage sous-jacente qui a grandi en lui depuis qu'il a dix ans.

Souvent comparé à Antony Hegarty, le natif de Seattle fait chavirer les coeurs d'une franchise crue et d'une personnalité à fleur de peau. Celle d'un type qui tourne des clips avec des acteurs de porno gay (Hood) mais se fait reprendre par The National (Learning). Magnifiés par une voix d'ange et un piano divin, ses textes parlent de sexe, de pornographie, de religion, de mort et de suicide... Un parfum de génie.

  • LE 27/08 À 21 H 45.
Perfume Genius

Perfume Genius © DR

Frank Fairfield

Il aurait pu se faire découvrir par Alan Lomax quand, dans les années 30, l'ethnomusicologue arpentait les pénitenciers et les comtés ruraux des Etats-Unis avec son studio mobile. Voire figurer sur The Anthology of American Folk Music, mythique compilation de musique populaire sortie il y a plus d'un demi-siècle par Folkway Records. Sauf que Frank Fairfield a à peine 30 piges et sa musique, comme sa voix d'un autre âge, témoignent d'une Amérique révolue. Celle des chercheurs d'or, des cowboys et des saloons... Natif de Fresno, en Californie, le joueur de violon, de guitare et de banjo fait dans le vieux blues, le folk poussiéreux et la country roots. Chante des Murder Ballads et des voyages en solitaire. Le genre de mec qui a fait ses dents dans la rue et anime une émission radio où il ne passe que des 78 Tours... Embarqué en tournée par les Fleet Foxes (c'est ce qui l'a sorti de l'anonymat) et repéré par Jack White, pour lequel il a sorti un double single chez Third Man Records, Fairfield a déjà trois albums dans son baluchon. Hiha...

  • LE 26/08 À 22 H.
Frank Fairfield

Frank Fairfield © DR

Lonnie Holley

Il prétend être le septième mioche d'une famille de 27 enfants et avoir été échangé contre une bouteille de whisky quand il avait quatre ans... Né en 1950 à Birmingham dans l'Alabama, Lonnie Bradley Holley est un artiste visuel afro-américain au destin cabossé. Un mec qui a commencé en créant des tombes pour des bébés (ses neveu et nièce morts dans un incendie) et a pratiqué peinture, collage et sculpture, avant de se reconvertir en 2012 dans la musique et de s'acoquiner avec Deerhunter et les Black Lips (Bradford Cox et Cole Alexander figurent d'ailleurs sur son deuxième album sorti l'an dernier). Ses chansons rudimentaires et ses textes improvisés, incantations hantées et sons de synthé sombres ou célestes dessinent les contours d'un univers captivant. Ces 18 dernières années, Holley, qui s'est laissé filmer pour un documentaire, s'est fait frapper par des flics, tirer dessus par des voisins, mettre derrière les barreaux et chasser de terres appartenant à son grand-père. Son art environnemental (Holley aime la nature, l'écologie et la récup) a même été détruit au bulldozer... Crazy shit.

  • LE 28/08 À 20 H 45.
Lonnie Holley

Lonnie Holley © DR

Nos partenaires