Dour J4: remise des bulletins

16/07/17 à 14:23 - Mise à jour à 15:29

La pop bricolo noisy de GaBLé, l'accordéon dingue de Mario Batkovic, les claviers sombres de Timber Timbre et la classe américaine de Kevin Morby. Le samedi en vrac.

Dour J4: remise des bulletins

Phoenix à Dour © Olivier Donnet

Le plus jouissivement bordélique: GaBLé. Ca fait un petit bout de temps qu'on n'avait plus croisé les Français. Avec sa pop bricolo foutraque et bruyante, ses cris primitifs et ses chansons schizophrènes, GaBLé a parfaitement lancé notre journée. Vive Caen, le lo-fi et le Do It Yourself...

Le plus couillu: Mario Batkovic. Il faut les avoir bien accrochées pour monter seul sur scène avec un accordéon dans un festival comme Dour avec une musique intime comme celle de super Mario. Capacité du Labo 3000 personnes tout de même. Sourire malicieux au coin des lèvres, le protégé de Geoff Barrow (il est signé sur le label du Portishead : Invada Records) a bluffé tout le monde avec son seul piano à bretelles. Compliqué sur la durée ("au-delà de la demi-heure, ça devient dur de garder les gens en festival" avoue-t-il) mais tout bonnement épatant.

Le plus frais: Frànçois & The Atlas Mountains. "La vérité, en vérité, en vérité, la vérité, tu ne la connais pas." Avec sa bonne humeur contagieuse, ses chorégraphies un peu branques et ses pop songs faussement naïves, François a fait souffler un petit vent de fraîcheur sur le Labo. On ne devient pas par hasard la première signature française du label Domino.

Le plus américain: Kevin Morby. Quatre albums, pas un morceau à jeter... L'ancien bassiste de Woods et leader de feu les Babies (qu'il emmenait avec Cassie Ramone des Vivian Girls) a déjà tout, à même pas trente ans, pour s'inscrire au panthéon d'une musique américaine qui chérit Bob Dylan, Neil Young, Lou Reed et les grands espaces. Joey, Johnny, Dee Dee, Tommy... Le bonhomme qui sait aussi hausser le ton rend même hommage aux Ramones. Parfait.

Le plus hanté: Timber Timbre. Noire et tortueuse, la musique de Taylor Kirk s'est à nouveau réinventée cette année sur un album sombre, fort et gorgé de synthés. Quelque part entre Leonard Cohen, David Bowie (Grifting) et John Carpenter (Bleu Nuit), Timber Timbre joue les crooners de science fiction.

Le plus touche-à-tout: Lefto. Elle avait méchamment de la gueule samedi l'affiche de la Boombox confiée aux oreilles expertes de Lefto. Classe et groovy avec la scène jazz londonienne (Henry Wu presents The Kamaal Williams Experience), électronique et tordue avec le Californien Gaslamp Killer (à qui l'on devait la production du premier Gonjasufi). Brownswood, Brainfeeder et Warp sont dans la place...

Jonwayne à Dour

Jonwayne à Dour © Olivier Donnet

Le plus improbable: Jonwayne. Avec ses longs cheveux, sa barbe, sa grosse carrure et ses grandes lunettes, on le verrait plutôt jouer dans un groupe de métal ou présider le club local des jeunes informaticiens borains. Que nenni. Jonwayne est rappeur. Pas celui avec le flow le plus rapide de l'Ouest certes. Mais rappeur quand même. Minimaliste, cathartique (il chante l'alcool, les impasses, la dépression et l'art ruiné par la boisson), Jonwayne assure. You've never seen a man so calm in your life...

Le plus barré: Meta Meta. Leur musique est marquée par la crise et l'angoisse. Témoigne, disaient-ils à France Culture, de leur dégoût pour les politiciens les plus conservateurs, réactionnaires et fascistes qui nous dirigent. Groupe hyperactif de Sao Paulo (ils ont participé à une trentaine de disques ces cinq dernières années dont le petit chef d'oeuvre A Mulher da Fim do Mundo d'Elza Soares), Meta Meta mélange le jazz, le rock expérimental et les musiques sud américaines dans un souffle punk. La découverte du jour.

Le plus collectif: Meute. Fanfare hambourgeoise 2.0., Meute a sorti cuivres et percussions pour revisiter à sa manière Jeff Mills, Laurent Garnier et Adèle et faire danser une Petite Maison dans la prairie définitivement sous le charme. Le strike du jour.

Le plus tubesque: Phoenix. Lisztomania, If I Ever Feel Better, 1901... Juke-box de la pop made in France, impeccables trousseurs de tubes, les Versaillais de Phoenix ne restent pas sur leurs meilleurs albums mais savent tenir un set de festival. Le décor en miroir a de la gueule et Phoenix le sens du travail bien fait. Fédérateur.

Toutes les photos de ce samedi par Olivier Donnet

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