Dour J3: Lofofora, comme en 95

18/07/15 à 09:43 - Mise à jour à 10:23

Deux décennies au compteur, mais Lofofora roule toujours à tombeau ouvert sur scène. Voyage (sans ceinture) aux côtés des parrains du hardcore français, étincelants à Dour ce vendredi.

Dour J3: Lofofora, comme en 95

Lofofora © DR

En 20 ans et six passages à Dour, Lofofora fait presque partie des meubles sur la Plaine de la Machine à Feu. Le genre de groupe qu'on finit par (volontairement) oublier tant sa présence est évidente. Les parrains terribles du hardcore français valaient pourtant largement le détour, ce vendredi après-midi, sur la Cannibal Stage à Dour. "Vous avez été gentils avec nos nouveau morceaux. Alors on va vous jouer de la musique du siècle dernier" aboie malicieusement Reuno, chanteur de la formation metal-punk parisienne. Emballé comme un sprinter cycliste, son timbre reconnaissable entre mille claque comme une baffe venue du passé. 1995 pour être précis. Une année où les fans de Rage Against the Machine - en plein zénith - bondissaient aussi sur Lofofora.

Loin du voyage poussiéreux, le groupe qui a vu Pierre Belleville émigrer à la batterie de The Dø cale des skuds enflammés de leur passé. D'actualité, Justice Pour Tous danse avec une reprise du Port d'Amsterdam de Brel. L'hommage tape et finit par former un cercle pour pogos au centre de la salle. Il faut dire que le public metal est, entre chaque morceau, chauffé à blanc par Reuno. Une odeur de poppers. Une poupée gonflable. L'ambianceur inénarrable et généreux aime narguer son public. Et fait feu de tout bois tout en l'observant.

Bénissant ses fans qu'il qualifie tout sourire de "vieux cons", le frontmen oublie malheureusement de cracher "Une seule race pour plusieurs couleurs", slogan emblématique de L'Oeuf. L'Eclipse, autre cri du passé figure également aux abonnés absents. Pas de quoi toutefois assombrir la fin en flash back de la prestation de Lofofora. Un grand moment de metal fusion pour trentenaires qui éclipse même la cold wave rap de Cannibal Ox, programmé juste derrière. A ce hip hop recroquevillé et angoissé (aussi hanté par Young Fathers, la veille), Dour préfère visiblement sauter - très haut - avec Lofo.

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