Dour J1: La Femme fatale

12/07/12 à 21:23 - Mise à jour à 21:23

Premières poussées de fièvre à Dour avec La Femme, le groupe français qui donne envie de se rouler par terre et de courir nu sur la plaine dès l'entame des festivités.

Dour J1: La Femme fatale

© Olivier Donnet

Pour détourner le slogan phare d'un flyer vantant crétinement les valeurs du festival hennuyer ces dernières semaines: Dour c'est la haine. Signalisation routière aléatoire, bénévoles (forcément) incompétents, file interminable et lenteur sans nom au bureau des accréditations, Petite Maison Dans La Prairie (la scène la plus intéressante du festival, pas une énième rediffusion du père Ingalls coupant du bois) quasiment introuvable sur le site: on arrive avec un bon quart d'heure de retard pour le concert de La Femme ce jeudi après-midi. La haine, donc. Mais de courte durée. Parce que Dour ou pas Dour, La Femme c'est l'amour.

Aux récentes Nuits Botanique, ils déboulaient avec un "Z" gribouillé en lieu et place du "K" de leur clavier vintage: Zorg, que ça donnait. Une blague de série... Z qui en disait long sur l'esprit, résolument Do It Yourself, du groupe. La Femme, donc. Des jeunes blancs-becs de Biarritz montés à Paris, aux cheveux peroxydés et flanqués d'une grande ado hésitante sur ses cannes, à la moue boudeuse assez craquante. Sauf que La Femme est un groupe à géométrie variable, que le cheveu est désormais essentiellement châtain et qu'une grande brune tout droit sortie d'un numéro de Vogue est venue prêter main forte à la bande, qui aligne les tubes l'air de pas y toucher, la classe du genre insolente: From Tchernobyl With Love, La femme ressort, un Anti-taxi survolté ("Prends le bus, prends le bus, anti-taxi!")... La musique de La Femme s'agite dans le no man's land nébuleux d'un étrange triangle des bermudas à fleurs blanches: surf music sixties, pop synthétique des années 80 et new wave à la française. Quelque part entre Dick Dale, Elli & Jacno et Taxi Girl, donc. Mais La Femme c'est aussi le punk cinglant des Stinky Toys réchauffé à la transe tropicale des Surfaris, l'électro robotique de Kraftwerk mâtinée d'un vieux twist. Le vent glacé qui souffle dans les rames du métro de Paname ET la moiteur iodée de la plage de Biarritz: entre les deux, La Femme, fatale, a la bon goût de ne pas choisir.

Alors oui, bien sûr, vers les 15 heures, en quasi ouverture de premier jour de festival, il ne se passe rien de délirant dans un chapiteau ceci dit déjà généreusement garni. Pourtant il y a là, selon toute évidence, un potentiel à retourner les têtes. C'est sûr, on a envie de se rouler par terre et de courir nu sur la plaine, mais là, comme ça, à froid, le festivalier, pas loin de la sobriété, se retient. N'empêche, qu'on se le dise, ce jeudi, à Dour, c'était journée de La Femme.

Nicolas Clément

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