Dour J1: Bonobo, singe savant

19/07/13 à 11:15 - Mise à jour à 11:27

Avec ses 6 scènes, Dour pose dès le départ le problème du choix.

Dour J1: Bonobo, singe savant

Bonobo © DR

Vendredi soir, il fallait par exemple trancher entre Tomahawk et Action Bronson. Honneur aux abonnés de la plaine de la Machine à feu, présents quasi chaque année. Sur la scène de la Last Arena, Mike Patton et ses collègues ont d'ailleurs un peu l'air de dérouler, comme en terrain conquis. Attention, il ne faut pas s'y méprendre : même en automatique, le général Patton n'oublie d'aller au combat, enchaînant les feulements hystériques et les cavalcades rock déstructurées. Il lui faut juste un peu plus de temps pour emporter le morceau, sans surprise mais toujours efficace.

Du côté de la Boombox, le rappeur Action Bronson fout lui un joli souk. L'imposant rouquin barbu a le flow qui fait mouche. La gouaille et la dégaine aussi. Le bonhomme la joue clairement rap de branleurs, lorgnant vers la trap music. Certes, il y a trop de cassure de rythmes pour vraiment transformer l'essai et s'emballer. Mais fallait-il vraiment en attendre davantage ?

Au final, le vrai tour de force aura peut-être été celui de Bonobo. Sous le pseudo se cache Simon Green. L'Anglais pond une musique électronique qui tisserait un pont entre le trip hop des années 90 et la house cotonneuse à la Four Tet. En live, Bonobo est cependant un vrai groupe, avec basse, batterie, claviers, guitares, flûte... La chanteuse anglaise Szjerdene prend également régulièrement le micro. Du coup, ce qui sur CD relève de l'écoute intimiste et domestique prend une nouvelle tournure sur scène. Le dancehall est d'ailleurs bourré à craquer. Etonnant pour une musique qui se déploie lentement et joue sur les mid-tempo ? En réalité, il se trouve que les vertus de Bonobo sur scène sont identiques à celles de Bonobo sur disque : apaisantes et revigorantes. Dans un Dour 2013 qui a démarré sur les chapeaux de roue, ce n'était pas du luxe.

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