Décès de Pete Seeger, légende du folk et père du protest song

28/01/14 à 08:48 - Mise à jour à 29/01/14 à 11:04

Source: Belga

L'Américain Pete Seeger, chanteur et compositeur de musique folk, est décédé à l'âge de 94 ans, a-t-on appris mardi. Il est décédé de mort naturelle dans un hôpital de New York lundi, précise le New York Times en citant le petit-fils du musicien.

Décès de Pete Seeger, légende du folk et père du protest song

Pete Seeger et son fameux banjo à l'inscription "This machine surrounds hate and forces it to surrender". © REUTERS/Lucas Jackson

Le chanteur Pete Seeger, légende du folk américain et du "protest song" portant la voix de la classe ouvrière, est décédé à New York à l'âge de 94 ans, après avoir inspiré des générations d'artistes comme Bob Dylan, Joan Baez ou Bruce Springsteen, a annoncé sa famille.

Son décès lundi au Presbyterian Hospital de New-York a été confirmée par son petit-fils au New York Times.

Né le 3 mai 1919 à New York d'un père musicologue et d'une mère violoniste, Pete Seeger est considéré comme un des pionniers de la musique folk, au même titre que son ami Woody Guthrie.

Inspirés des spirituals afro-américains, ses chansons If I Had a Hammer ou Where Have All the Flowers Gone co-écrites avec Guthrie sont devenues des classiques du répertoire américain.

Elles ont fait l'objet de nombreuses reprises et adaptations par des artistes étrangers, de Claude François en France (Si j'avais un marteau) ou Graeme Allwright (Petites boîtes) au Chilien Victor Jara.

Pete Seeger a aussi popularisé l'hymne du mouvement de défense des droits civiques aux Etats-Unis, We Shall Overcome. Avec son groupe The Weavers ou seul accompagné de sa guitare à 12 cordes ou de son banjo, il avait séduit un large public, plutôt marqué à gauche, aussi bien avec ses chansons engagées que ses mélodies enfantines et des hymnes faciles à reprendre en choeur. Il était également contre la guerre du Vietnam.

Mentor dans les années de Bob Dylan, Joan Baez ou le groupe Peter, Paul and Mary, son répertoire a plus tard inspiré un album de Bruce Springsteen en 2006.

"Un témoin du pouvoir de la culture"

Lors d'un concert organisé à Madison Square Garden à New York pour son 90e anniversaire, Bruce Springsteen l'a présenté comme "la légende vivante de la musique et la conscience de l'Amérique, un témoin du pouvoir de la chanson et de la culture pour donner un coup de pouce à l'histoire", a rappelé le New York Times .

Le chanteur avait été poursuivi pendant la chasse aux sorcières organisée sous le Maccarthysme, pour son engagement dans le Parti communiste américain, dont il a été membre dans les années 1940 et 50.

Refusant de témoigner au nom de la liberté d'expression et d'opinion garantie par le premier amendement de la constitution américaine, il a été condamné plusieurs fois pour outrage au Congrès à de la prison, une peine annulée en appel, qui ne sera jamais exécutée.

Leader du "protest song" américain, il a été tour à tour la voix du mouvement ouvrier, de la lutte pour l'égalité raciale, du mouvement contre la guerre du Vietnam dans les années 1960, puis dans les années 1970 de la défense de l'environnement.

Ses combats pour les droits civiques des Noirs américains ont valu au chanteur l'amitié du leader noir du mouvement Martin Luther King.

Accompagné de son petit-fils Tao Rodriguez Seeger, chanteur lui aussi, il a entonné sur scène le célèbre This Land Is Our Land lors du concert inaugural à Washington du premier mandat de Barack Obama, en 2009. Le président américain a tenu mardi à rendre hommage à l'auteur-compositeur-interprète. "Pete Seeger croyait profondément au pouvoir des chansons. Mais, plus important, il croyait au pouvoir de la communauté, pour défendre la justice, s'élever contre l'injustice, et rapprocher ce pays de l'idéal américain dont il avait la vision", a déclaré Obama dans un communiqué.

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