Couleur Café reloaded! Bilan d'un festival qui a retrouvé la formule magique

03/07/17 à 09:21 - Mise à jour à 11:06

Qu'est-ce qui fait la réussite d'un festival? L'affiche? Le site? La météo? L'an dernier, Couleur Café faisait ainsi ses adieux à côté de Tour & Taxis, après une édition calamiteuse, pourrie par le temps, la concurrence (l'Euro de foot) et une affiche tiédasse. Douze mois et un déménagement plus tard, on peut enfin l'écrire: le festival a retrouvé la formule magique.

Couleur Café reloaded! Bilan d'un festival qui a retrouvé la formule magique

Lianne La Havas © Benjamin Struelens

C'était beau, c'était joyeux, c'était enlevé. Avec comme premier pari remporté haut la main, celui d'atterrir dans un tout nouveau site. Du Parc d'Osseghem, excentré, et souvent vu comme impersonnel, Couleur Café a su faire un terrain de jeu réjouissant. Où, entre les trois scènes "officielles", il était possible de tomber, par surprise, sur la plus petite discothèque du monde, un sound system à vélo, un bar secret ou encore une funambule perchée au-dessus du vide... Tout n'était peut-être pas encore parfait, et des réglages restent à effectuer - la Blue Stage n'est pas énorme, et, quand il est pris d'assaut, le Théâtre de Verdure où était installée la Green Stage, s'avère également vite étouffant, voire un poil angoissant pour ceux qui y ont débarqué en famille. Mais en profitant du déménagement pour revoir la dynamique et les proportions du festival, Couleur Café a su parfaitement rebondir. Après quelques heures à peine, les quais de Tour & Taxis étaient presque oubliés...

Du côté de l'affiche aussi, le festival bruxellois a réalisé un parcours quasi sans faute. Quand, ces dernières années, il a parfois confondu ouverture et mélange des genres, Couleur Café a proposé cette fois un programme toujours éclectique, mais bien plus cohérent. D'un côté, le retour à l'ADN "world" historique: de la Malienne Oumou Sangaré à la dose reggae habituelle (Alpha Blondy, Damian Marley) à la space rumba explosive made in Kinshasa de Jupiter & Okwess. De l'autre, une forte inclination hip hop. On l'a écrit plus tôt: les musiques "urbaines" ont montré leur potentiel rassembleur, de l'affiche hip hop bruxelloise Niveau 4, responsable du plus gros barouf du week-end, au concert coup de poing de Kery James, dimanche: si le vétéran français a parfois tendance à confondre concert et séance de crossfit, il n'en reste pas moins qu'il a balancé une heure d'une puissance rap assez balèze: gauche, droite, uppercut, fierté noire et enthousiasme de chaque instant. Kery James vainqueur par KO.

Toujours sous l'étiquette rap, l'Américaine Princess Nokia s'est réconciliée avec Bruxelles après un passage tendu au Beursschouwburg il y a quelques mois, tandis que l'Anglais Loyle Carner confirmait son énorme capital sympathie. Un concert sans grands effets spéciaux, mais surtout sans pose, ni posture. Du hip hop au naturel, accent cockney compris dans le prix. Il y a des moments de grâce comme ça...

Comme par exemple aussi le concert de Lianne La Havas. Venue en solo, l'Anglaise a pu compter sur un public largement acquis - voire carrément amoureux pour une bonne partie masculine et féminine de l'audience. Il n'empêche: seulement accompagnée de sa guitare, et là aussi sans en faire des tonnes, elle a su capter l'attention. Un numéro soul-folk pastel à la Bill Withers, idéal à cette heure-là, au milieu des arbres, à l'ombre de l'Atomium, alors que le ciel bleu virait tout doucement au cobalt, toujours aussi dégagé.

C'est d'ailleurs le dernier bon point de cette édition 2017: alors que l'on prédisait un week-end pourri, la pluie s'est à chaque fois arrêtée quand les concerts démarraient. Le genre de petits "miracles" dont Couleur Café est coutumier. On espère qu'il y en aura encore beaucoup d'autres...

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