Clips wallons, ou l'art de la débrouille suprême

27/04/16 à 16:09 - Mise à jour à 17:57

Source: Focus Vif

Gaëtan Streel, UTZ, La Chiva Gantiva, Nicolas Michaux réalisent, souvent eux-mêmes, des vidéos généralement modestes en moyens mais grandes en ambition: voyage dans le pixel musical belge. Avec un bout d'Alice on the Roof aussi.

"Dans les rues de Jérusalem, on se trimballait une équipe de cinq personnes derrière le groupe, dont deux étaient chargées uniquement de porter le magnétoscope, tellement il était lourd. On courait dans les souks avec une procession insensée, l'encombrement du matériel était effrayant. Cela se passait vers 1982 pour le Valley of the Kings d'Allez Allez." Pionnier du clip musical en Belgique dans les années 80, réalisateur du Grand Sommeil pour Daho ou de Fly pour Machiavel, le désormais retraité Michel Perrin se marre à l'évocation de l'entreprise parfois babylonienne qui consistait à clipper l'artiste. Dans une décade à la fois tape-à-l'oeil et audacieuse où il n'était pas rare de tourner en 35 mm. Trois décennies plus tard, la révolution a eu lieu et, comme toujours, l'esthétique est façonnée par la poursuite des avancées technologiques (voir encadré). Alors, parfois, il arrive que les tournages de clips belges déploient de gros moyens apparents, par exemple celui de TaxiWars, juteux projet jazzy de Tom Barman: le shooting, au printemps 2015, de Death Ride Through Wet Snow dans un studio près de Bruxelles implique une solide équipe technique, dont le cameraman/directeur photo Renaat Lambeets, ami de Barman, guère réputé pour brader ses prix. Ajoutez-y une caméra HD haut de gamme -la Red- et des lights à profusion, la note s'envole donc. Ben non, la petite boîte bruxelloise en charge de la production ne facture qu'un prix symbolique. En espérant que l'expérience honore d'abord son CV.
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