BSF J1 : de l'art de faire la file.

14/08/10 à 22:25 - Mise à jour à 22:25

Le Brussels Summer Festival a ouvert les hostilités vendredi soir. Affiche somptueuse mais organisation un brin... comment dire... foireuse ?

BSF J1 : de l'art de faire la file.

© Belga

-Alors, c'était bien le Brussels Summer Festival J1 ?

-J'sais pas, j'faisais la file.

(Ha. Il paraît qu'on doit étoffer un peu ce compte-rendu, sous prétexte qu'on est grassement payé pour l'écrire.)

Première file : le bus. Le 95, celui qui sent déjà l'aisselle un dimanche de Toussaint vers 9h du matin. Qui compresse ses valeureux clients en un épais magma, qu'il crache quelques kilomètres plus loin, " Terminus ", faudrait pas non plus que les festivaliers soient déposés au bon arrêt, non plus.

Seconde file : les bracelets. On retrouve Place des Palais la bouillie humaine du bus 95, qui tente anarchiquement d'obtenir son sésame, jouant des coudes et des cris pour y parvenir. Une demi-heure plus tard, un préposé nous indique que la queue pour retirer les accréditations presse est située quelques mètres plus loin. Nous : " Heu, mais ça fait 20 minutes que je suis là, j'ai déjà loupé un concert et le second commence. Auriez-vous la grande gentillesse de faire une translation vers la droite, et récupérer mon pass auprès de vos collègues? " Lui : "La queue pour retirer les accréditations presse est située quelques mètres plus loin. " Nous : " Mais... " Lui : " La queue pour... "

Troisième file : la queue pour les accréditations presse située quelques mètres plus loin. 30 minutes de pur bonheur. On entend la moitié de Pony Pony Run Run à travers une bâche.

Quatrième file : les tickets boissons. Classique.

Cinquième : les boissons. Plus cocasse. Confié par un rescapé, sorti vivant de cet enfer : " Heureusement que je suis passé devant tout le monde pour les bières parce qu'on joue un remake de la Love Parade de Duisbourg, là-bas. Avec des filles qui crient qu'elles ont mal et qu'elles sont toutes écrasées ! " D'autres filles font semblant d'être enceintes pour resquiller, et se pinter la tronche avant tout le monde.

Sixième file : rejoindre les potes devant. Slalom entre les amateurs de frites, qui font olfactivement partager leur passion à tous les festivaliers.

Septième : faire marche arrière, tellement la foule est compacte et n'accepte plus l'intrusion du moindre corps étranger.

Huitième : les toilettes. Payantes, 40 centimes. De rutilantes Cathy, évidemment, pour ce prix-là. Neuvième : sortir, parti, aller boire un verre dans ce qui reste des Apéros urbains, jumelés cette année au BSF, où un jeune homme en slip danse sa vie sur la scène du Tribute to Daft Punk. Mhhhm, bonheur de pouvoir remuer les orteils. De dodeliner de la tête sans assommer son voisin de galère. 10 minutes. Puis l'annonce de la fin. De la poursuite des réjouissances au K-Nal, pour l'after-party de Ghinzu. Accessible gratuitement avec le bracelet du BSF. Une file encore, donc, qui promet solidement. C'est ici que nous sortons de scène. Rideau.

Myriam Leroy, à Bruxelles ville.

(Ha. Il paraît qu'on doit parler de la musique, sous prétexte que c'est la raison pour laquelle Focus couvre les festivals.)

Pony Pony Run Run : entendu derrière une bâche pour la majeure partie du concert. Jolie bâche, bien hermétique aux sons, tout ça... On a quand même vu que le groupe avait un succès certain auprès de l'adolescente à mèche peignée sur le côté. Qu'elle couinait fort fort fort sur son électropop bubble-gum, mariage radieux et maniéré entre Mika, James Yuill et La Roux (en un peu moins inspiré, quand même.) Que le synthétiseur, en show, c'est toujours efficace, en particulier quand il est couplé à des stroboscopes de train fantôme.

Ghinzu : roi du stroboscope aussi. Light show magnifique, hypnotisant, grandiose. Qui a fait tout l'intérêt d'un concert s'éloignant si peu des enregistrements studios qu'on avait simplement l'impression d'écouter un CD du sieur Stargasm en groupe. Ce dernier jouant ceci dit toujours aussi bien de son personnage grandiloquent de dandy en fusion. Nous n'irons pas plus loin dans le compte-rendu, parce qu'à la distance à laquelle nous étions de la scène, nous entendions davantage les papotes du public que la voix du chanteur. Fin. A demain.

Myriam Leroy, à Bruxelles ville

(Ha, il paraît que demain, notre review devra être un peu plus consistante.)

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