Black Lips - Arabia Mountain

06/06/11 à 18:22 - Mise à jour à 18:22

ROCK | Produits par Mark Ronson, bon pour l'hosto pendant l'enregistrement de "Arabia Mountain", les Black Lips nettoient leur garage. C'est bien aussi quand il fait propre.

Black Lips - Arabia Mountain

© DR

Quand l'un des derniers groupes turbulents et rock'n'roll s'acoquine avec le producteur d'Amy Winehouse, de Lily Allen et d'Adele, on se dit a priori que tout fout le camp. Que le monde part en couille. Que la société va mal. Toujours plus lisse. Politiquement correcte. Que bientôt on nous interdira de fumer dehors comme à New York. Peut-être même de se foutre torse nu sur la plage. On peut déjà plus se promener la panse à l'air dans pas mal de villes côtières...

Alors oui, les Black Lips se sont rasés, lavé les pieds, épilé les aisselles. Et Mark Ronson a donné un coup de balais dans leur garage bordélique et crasseux. Arabia Mountain n'en est pas moins un foutu bon disque. Très propre. Définitivement moins crado que ce que les jojos enregistraient dans leur entrepôt et les bars à putes de Tijuana. Mais les mecs d'Atlanta continuent de raconter des histoires tordues. La visite du musée Dali à Figueres après avoir gobé des drogues psychédéliques (Modern Art). Les disques sur lesquels on entend des messages cachés quand on les écoute à l'envers (Mad Dog). Les comic books de Spider Man qui servent à l'éducation sexuelle des jeunes Américains (Spidey's Curse). Ou la bouffe dégueulasse qu'ils peuvent parfois s'enfiler (Raw Meat) et qui (une histoire de mauvais sushis et d'intoxication alimentaire) aurait envoyé Mark Ronson à l'hosto pendant les quelques jours d'enregistrement à Brooklyn.

Crâne humain

Les Black Lips et Mark Ronson. Le scénario semble a priori aussi improbable que Steve Albini en studio avec Coldplay. Le fin fond de l'histoire, c'est que pour avoir la paix, les lascars ont soumis une liste de producteurs à première vue inaccessibles à leur label. Dr Dre, RZA, Jack White, Danger Mouse, Quincy Jones, Mark Ronson. Peu de chance de se faire emmerder. Eux qui n'avaient jamais laissé qui que ce soit fourrer son nez dans leurs affaires. Raté. Le seul Anglais de la sélection est venu perturber les plans...

Le résultat? 16 morceaux en 41 minutes et une vingtaine de secondes. Moins psychédéliques, les Lips foncent toujours droit dans le mur le pied écrasé sur l'accélérateur. Mais cette fois, ils le font en décapotable. Il y a des cuivres, du thérémin, de la scie... Sophistication (flower) punk. Le moteur ronronne.

Un mec qui jouait pour Earth, Wind & Fire vient pointer son saxophone sur Family Tree. Bone Marrow, touche belge, contient un clin d'oeil à Plastic Bertrand ("On est surtout fan de son groupe Hubble Bubble"). Là où Mr Driver a bénéficié de l'utilisation d'un crâne humain apparemment dégoté à New York contre un peu de cash.

On ne se refait pas. Les trentenaires de Géorgie restent des putains de sales gamins. "Bad Kids, all the Lips are bad kids"...

Julien Broquet

Black Lips, Arabia Mountain, distribué par V2. ****
www.myspace.com/theblacklips

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