Big ups et langue de pute: le best of 2012

17/12/12 à 12:32 - Mise à jour à 12:32

Au moment de tirer un bilan de fin d'année sur la night bruxelloise, Serge Coucicouçasemans est convaincu que sans être désastreuse, 2012 n'a pas connu de véritables hauts, ni de véritables bas. Dissection de cette routine en forme de Sortie de route, S02E16.

Big ups et langue de pute: le best of 2012

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LE PALMARES 2012Soirée de l'année

Sans générer ennui, ni véritables scandales, 2012 m'a semblé une année plutôt routinière en termes de clubbing et de sorties nocturnes. Ça a été amusant et coloré mais au moment du bilan, me voilà bien incapable de dégager une nuit qui aurait été meilleure que les autres. Quand on a l'esprit plutôt house, ce qu'il y a de mieux à Bruxelles restent les soirées Leftorium et Holger. Mais ces fêtes sont désormais bien installées dans le paysage noctambule et elles ont perdu la saveur de la nouveauté. C'est toujours plus gai de sortir là qu'ailleurs mais malgré la niaque des organisateurs, la meilleure musique qui soit et un public souvent taré, c'est malgré tout moins excitant qu'en 2011. Ce constat me semble être également applicable à tout le reste, que cela soit du côté du mainstream et de l'underground, des gays et des eurocrates, des hipsters et des ploucs. Ce n'est pas que cela stagne ou tourne en rond. Cela tourne très bien, c'est même carrément mieux qu'il y a quelques années, quand Bruxelles était en quasi near death experience. Il manque toutefois une petite étincelle, un grain de folie, de nouvelles têtes qui bousculeraient un peu le cocotier avec des soirées un peu plus aventureuses, un peu plus incertaines, un peu moins corporate. Un peu plus sauvages, aussi. Quand les meilleurs souvenirs personnels sont issus de befores, d'afters et de bamboulas dégénérées en appartements privés ou gîtes loués, il y a tout de même comme un léger problème. Et le risque des légers problèmes, c'est de s'alourdir. Si rien ne change...

Flop de l'année

La nature fondamentale d'un clou étant d'être enfoncé, je me permets d'insister sur mon véritable combat rigolard mais éthique de l'année 2012: des types comme Carl Barât et Quentin Mossiman sont de véritables trompettes aux platines, chacun dans leur style (le premier n'en touche pas une et le second se touche sa droite avec sa gauche). Gros kikou aux fan-clubs respectifs, soit dit en passant.

Personnalité night de l'année

Freddy Thielemans, évidemment, qui voudrait tuer toute vie nocturne qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Non, je déconne. Cette année, je voudrais décerner la prix de la personnalité night de l'année à TOUS ceux qui ont en 2012 tenté de monter un event à Bruxelles, parce que certains ont justement rendu cela assez difficile. J'attribue cette grosse tiare du mérite même à ceux que j'ai pu critiquer dans cette chronique, même à ceux aux soirées desquels je ne mettrai jamais un pied. Comme chaque année électorale, il suffit en effet d'un voisin insomniaque ou d'une rue un rien embouteillée en pleine nuit pour que les autorités se lâchent en mode total bozo et c'est très déplorable. Comme chaque année depuis qu'une crise plus ou moins révolutionnaire agite la planète, on a souvent l'impression que la nuit sert de laboratoire à l'étude d'un système de répression efficace, que les noctambules et les organisateurs d'events font office de cobayes, histoire de voir comment plus tard mater et contrer une révolte globale. La meilleure réponse à cela, c'est "Occupy the night". Nous sommes légion. Nous ne pardonnons jamais.

Grosse fatigue de l'année

Vous avez plus d'un mètre soixante-huit et réussi, même à peine, votre diplôme d'humanités supérieures? Vous aimez vous raser le crâne pour avoir un air très méchant à la Vin Diesel? Vous carburez au Red Bull dès le petit déjeuner? Dans votre vision des choses, une femme est une salope, un homosexuel une pédale, un étranger un boucaque et un type à lunettes un connard d'intello de gauche? Vous aimez rouler à toute blinde avenue de la Couronne dans des gros Dinky Toys? Johan Demol est votre idole, votre modèle, votre exemple? Vous êtes bilingue FR/NL sans toutefois pouvoir aligner deux phrases sans faute grammaticale importante dans l'une ou l'autre langue? Provincial d'origine, vous détestez Bruxelles, que vous fantasmez comme une sorte de Baltimore dans The Wire, en pire? Oui? Ja? Affirmatif? Une très fructueuse carrière à la police de Bruxelles vous attend. Outre un salaire attrayant et des primes pour le plus grand mangeur de fricadelles de sa promotion, une grosse matraque, un déguisement de Dark Knight et une totale impunité en cas de débordements violents vous seront offerts. Pas belle la vie (en vilain uniforme)?

Meilleur club à Bruxelles

Impossible de ne pas saluer la salutaire évolution du Bazaar, qui était encore une boîte particulièrement ringarde en début d'année, avec ses portiers désagréables, son hallucinante dame pipi et un public presque essentiellement constitué de wannabe maffieux russes, d'esthéticiennes cherchant le mojo et de gays portant des écussons de Madonna sur leurs perfectos. Plaisantes transformations de l'espace, upgrades évidents, bon drill du personnel désormais nettement plus cool, programmation alléchante... Il n'y a plus rien à redire, sinon de faire tout de même gaffe à ne pas attraper la grosse tête et à faire fuir les organisateurs privés dont c'est précisément le travail qui a redoré le blason de l'endroit.

Pire club à Bruxelles

N'importe lequel programmant The Magician, je dirais. Huhuhu.

Tendance connasse

Suis-je le seul à remarquer dès que je passe quelques jours à l'étranger qu'une majorité de bars de Bruxelles sont particulièrement mal achalandés, que l'offre d'alcools et de cocktails y est très basique, peu originale, ennuyeuse? Prenez n'importe quel bar de Paris, Barcelone, Londres ou Berlin et c'est un véritable mur de plaisirs liquides qui vous attend. À Bruxelles, pas. Sans doute parce que le lobby de la bière y est puissant.

Tendance bonnasse

Les blagues sur la fin du monde, c'est fini. Pour pécho, il va falloir inventer autre chose, se montrer plus créatif et moins morbide. Mais quel bonheur...

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