La Kinect, porte ouverte aux bidouilleurs

21/12/10 à 12:59 - Mise à jour à 12:59

Outil artistique, robotique, interface informatique à la Minority Report, le Kinect de Microsoft inspire un nombre sans précédent de bidouilleurs non joueurs.

La Kinect, porte ouverte aux bidouilleurs

© Atsushi Tadokoro

Les télécommandes de la Wii et de la PlayStation3 avaient déjà fait l'objet de quelques bidouillages ludiques plus ou moins inspirés peu de temps après leur sortie respective. Mais le Kinect de la Xbox 360 bat tous les records en matière de hacking créatif. Lancée il y a à peine un mois, cette caméra interprétant les gestes du joueur engendre déjà une foule de projets prototypaux et pirates entre art et robotique. Plusieurs dizaines de concepts non-gaming bien plus créatifs et audacieux que les jeux officiels de la caméra de Redmond.

Utiliser le Kinect pour naviguer dans les menus d'un système d'exploitation à la Minority Report était une évidence dont de nombreux studios et développeurs se sont emparés. Spécialisée dans le développement d'interfaces gestuelles en milieu professionnel, Evoluce permet de naviguer dans Windows 7 via le Kinect et autorise des dessins dans Paint avec le doigt. On navigue également sur une carte en 3D en temps réel en écartant les bras. Les gimmicks multitouch de l'iPhone permettant de zoomer et dézoomer sur des photos transparaissent d'ailleurs en filigrane dans d'autres projets apparentés. Le Robot Locomotion Group et le Learning Intelligent Systems du célèbre Massachusetts Institute Of Technology (MIT) reconnaît les dix doigts des mains pour saisir des miniatures de photo. Zoom et dézoom inclus en écartant deux doigts en l'air.

Kinect Wide Shut

Le Kinect quitte par ailleurs sa sédentarité pour s'utiliser comme des yeux de robots intelligents et low cost. Egalement développé au MIT, le projet de Philip Robbel du Personal Robots Group a greffé la caméra magique de Microsoft à son KinectBot. Soit un robot capable de voir et comprendre les obstacles qui l'entourent et les gestes des humains. De son côté, l'Hybrid Systems Lab de UC Berkeley a bidouillé un hélicoptère à quatre pales intelligent capable de se déplacer seul dans les airs et de s'arrêter face à un obstacle imprévu.

Ne se contentant pas d'un seul mais de deux Kinect, Willow Garage étudie la possibilité de contrôler ses robots domestiques via des mouvements du corps. Ou comment aller chercher une bière dans le frigo en bougeant les bras dans son canapé... Sur le même principe de double caméra, Oliver Kreylos digitalise en 3D (et sans effort) sa chambre. De quoi prendre de vraies photos tridimensionnelles que l'on ausculte ensuite sous presque tous les angles, son projet n'étant capable de modéliser que 3/4 de l'environnement.

Dans un rayon plus artistique, De-sign I/O transforme les articulations du bras du joueur en marionnette de volatile drolatique. Une sorte d'ombre chinoise dopée au Kinect qui ouvre le bec et crie quand on ouvre la main. Robert "Flight404" Hodgin épaissit ou amincit une représentation digitalisée du corps du joueur en temps réel. Des déformations fantasmées ressemblant aux animations de Bill Plympton période MTV.

Terrain de jeu idéal pour artistes amateurs d'installations numériques interactives, le Kinect a déjà son artiste favori sur la toile: Atsushi Tadokoro qui, en transformant son corps en pixels, a ouvert une galerie d'autoportraits sur flickr particulièrement frappants.

Michi-Hiro Tamaï

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