Une bien belle nuance de rouge

24/05/12 à 15:17 - Mise à jour à 15:17

CONTE GOTHIQUE | Garance a 16 ans, et ne sait pas encore que son prénom désigne aussi une bien belle nuance de rouge, de celle qui ne peut laisser insensible un vampire, fut-il touché par cette jeune fille.

UNE BIEN BELLE NUANCE DE ROUGE, DE MAURICET, ÉDITIONS GRAND ANGLE/BAMBOO. ***

Une bien belle nuance de rouge

CONTE GOTHIQUE | Garance a 16 ans, et ne sait pas encore que son prénom désigne aussi une bien belle nuance de rouge, de celle qui ne peut laisser insensible un vampire (ou dans le cas présent, un Strigoï), fut-il touché par cette jeune fille. Garance a 16 ans et est une ado mal dans sa peau pour ne pas dire suicidaire, qui jusqu'ici oubliait l'abandon de sa mère décédée en se réfugiant dans son trip gothique et les bras de sa copine. Mais ça, c'était avant qu'elle ne se mette à lire Le Rouge et le Noir pour l'école, et qu'elle ne croise la route de l'étrange Ambroise Brelot, fascinant, inquiétant et très anachronique. "Strange", pour le dire comme Garance. "Mon histoire commence par un baiser. Un baiser d'adieu", explique-t-elle, narratrice de son propre récit. Adieu sans doute à son enfance et, peut-être, à son existence d'être humain. Mais ça, on ne le saura que l'année prochaine, dans le second et dernier volume de ce conte gothique cher à son auteur Mauricet... Oui, Mauricet, celui de Basket Dunk ou de Cosmic Patrouille, séries humoristiques et populaires de chez Bamboo. Mais aussi Mauricet, l'auteur franco-belge surdoué, ami et compagnon de travail du regretté André Geerts, et l'un des rares Belges à s'être aussi imposé dans le comics, avec de régulières participations aux séries du géant DC Comics... Le Bruxellois s'offre ici sa première (?) oeuvre personnelle, assurant dessin, scénario et couleurs, et semble enfin fusionner toutes ses influences: le trait, semi-réaliste, est bluffant d'expressions dans bien des cases, et sa Garance, loin des clichés et des canons, est immédiatement touchante. Si l'on ne devait retenir qu'un album Bamboo, ce serait sans doute celui-là.

Olivier Van Vaerenbergh

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