Un délicieux naufrage

23/05/11 à 10:33 - Mise à jour à 10:33

Pourquoi est-ce que les vieux qui ne bandent plus continuent à fréquenter les bordels? " Parce qu'ils cherchent un regard, quelques mots...juste pour se sentir encore un homme, voyez-vous! "

De Frank De Bondt, Éditions Buchet-Chastel, 282 pages.

Un délicieux naufrage

Philippe Langon n'est pas si vieux que ça. Il a 57 ans, est prof d'unif, intellectuellement reconnu dans les milieux parisiens grâce à son dernier essai sur le néo-libéralisme. Marié, père de 4 enfants et déjà grand-père, ça plane pour lui. Le hic est qu'il s'ennuie. Il quittera ses pantoufles quand il rencontrera Léna, une jeune-fille de 28 ans (l'âge de sa fille aînée). Le démon de midi va lui en faire voir de toutes les couleurs! La jeunette lui tourneboule tellement la caboche qu'il en oublie son anniversaire de mariage! 27 ans... Pourtant il éprouve encore des sentiments pour sa femme, mais bon. Léna lui apporte une certaine fraîcheur et surtout, une seconde jeunesse. Elle a aussi changé son rapport à l'argent et lui a inspiré la légèreté. Et hop! Le voilà qui prend du plaisir à claquer du fric avec sa nouvelle nana. Mais arrive le faux pas, l'irrémédiable boulette! Philippe Langon va pondre un livre qui va créer une grosse polémique, notamment sur France Inter et fera l'effet d'une bombe dans le coeur de Léna. Il avait pourtant écrit ce bouquin pour elle. Spécialement la page 72 -l'année de sa naissance. Touchante attention! Sauf que ce qu'il dit sur les pauvres est horrible: " Ils n'ont que ce qu'ils méritent puisqu'ils sont les principaux responsables de leur situation. Ca ne donne plus envie de jouer! Comme son nom l'indique, Frank De Bondt est belge mais vit à Paris. Malgré un sujet peu original, il nous livre ici un récit agréable à lire et teinté d'humour caustique. Avec une certaine réflexion sur le temps qui passe et qui paraît bizarrement atteindre plus les hommes que les femmes. Si le bateau coule, il reste les rêves d'Amérique et d'ailleurs, là-bas tout au loin, comme des oiseaux perdus dans la mémoire.

Nadine Monfils

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