Retour à Saint-Laurent des Arabes

29/03/12 à 17:41 - Mise à jour à 17:41

HISTOIRE | Retour à Saint-Laurent des Arabes, c'est un peu les vacances avant l'été. Il y a d'abord le bleu de la couverture, un azur qui sent bon la chaleur et le vent sec.

RETOUR À SAINT-LAURENT DES ARABES, DE DANIEL BLANCOU, ÉDITIONS DELCOURT. ***

Retour à Saint-Laurent des Arabes

HISTOIRE | Retour à Saint-Laurent des Arabes, c'est un peu les vacances avant l'été. Il y a d'abord le bleu de la couverture, un azur qui sent bon la chaleur et le vent sec. Il y a le titre ensuite. Comme le nom d'un petit village perdu à flanc de colline que l'on n'aurait plus vu depuis l'enfance. Sauf que l'endroit de villégiature dans lequel on aurait usé nos fonds de culotte ne serait pas affublé du mot "Arabes". On aurait imaginé quelque chose de plus méridional, un truc qui sent bon la garrigue, le pin et la terre tellement sèche qu'elle s'envole en poussière. Dans la réalité, ce village du Gard s'appelle d'ailleurs Saint-Laurent des Arbres. Il n'a reçu le sobriquet "des Arabes" que depuis l'implantation d'un camp militaire sur un terrain de la commune. C'était juste après la guerre d'Algérie, et la France y parqua ses harkis pour qu'ils ne se dispersent pas à travers son territoire. Les harkis étaient ces soldats maghrébins qui avaient fait le mauvais choix de servir la France. A l'Indépendance, ils n'ont eu comme seul recours pour protéger leur famille que de s'exiler en métropole. La République leur organisa alors une petite vie bien rangée...

Retour à Saint-Laurent des Arabes n'est pas un savant exposé sur la politique de décolonisation de la France. Il parle du vécu de deux jeunes profs -les parents du dessinateur Daniel Blancou- parachutés dans ce village où les miradors tenaient lieu de clocher et où un maire galonné avait le droit de faire l'appel de ses ouailles dans la cour de l'école. Des barbelés de 1967 jusqu'aux révoltes de l'été 1975, cet album met en lumière une page de l'histoire de France à travers les relations d'enseignants débutants et de leurs élèves méfiants.

V.G.

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