On ne voyait que le bonheur de Grégoire Delacourt: lacrymal et efficace

08/09/14 à 13:37 - Mise à jour à 14:15

Source: Le Vif/l'express

Grégoire Delacourt revient avec un roman qui plonge au coeur des Trente Glorieuses. Lacrymal et efficace.

On ne voyait que le bonheur de Grégoire Delacourt: lacrymal et efficace

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On ne voyait que le bonheur de Grégoire Delacourt: lacrymal et efficace

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Si l'on devait faire un pronostic sur les futurs best-sellers de cette rentrée littéraire, on mettrait bien une pièce sur ce On ne voyait que le bonheur, de Grégoire Delacourt. En une succession de brefs chapitres, l'auteur de La Liste de mes envies y tricote habilement le roman provincial d'une malédiction familiale - rien ne manque : mort de la petite soeur, déchéance sociale de la mère, cancer du père... - sur fond de France pompidolienne. Le tout avec un réel talent pour réveiller les émotions enfouies chez son lecteur.

Dans cette famille apparemment normale des Trente Glorieuses - père droguiste, mère mélancolique fumant des menthol, enfants faisant du judo et partant l'été en "colo" -, on "se méfie du bonheur". Jamais le père n'a lancé une boule de neige ou joué au ping-pong avec ses enfants. Jamais la mère ne les a câlinés. Seul semblant de communion : l'immuable gâteau dominical de la pâtisserie Montois. Evidemment, la cellule familiale va se déliter doucement. Et personne n'ose aller contre le cours des choses. On ne voyait que le bonheur est aussi un roman sur la lâcheté et cette tendance - souvent létale - des hommes à intérioriser leurs sentiments. Jusqu'à la folie meurtrière.

Evidemment, Grégoire Delacourt ne lésine pas sur le pathos et il y a dans ces pages un petit côté "la liste de mes ennuis" : outre des drames déjà sus-évoqués, on pourrait citer le chômage, l'hôpital psychiatrique et même les plombiers arnaqueurs...

L'auteur n'échappe pas non plus à quelques banalités - on ne sait ce qu'est le bonheur que lorsqu'il s'est enfui, la vie vous donne toujours une seconde chance, etc. Pourtant, on ressort de ces 350 pages, miroir plus ou moins déformant de nos propres familles, un peu "secoué". De ces secousses qui, très souvent, font les best-sellers...

  • On ne voyait que le bonheur, par Grégoire Delacourt. JC Lattès, 360 p.

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