Ollivier Pourriol - On/Off

19/06/13 à 15:40 - Mise à jour à 15:40

RÉCIT | C'est l'histoire d'une émission où les chroniqueurs doivent commencer à parler avant d'avoir quelque chose à dire.

Ollivier Pourriol - On/Off
Ollivier Pourriol - On/Off

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D'un talk-show publicitaire qui attire un million et demi de téléspectateurs chaque jour en cirant des pompes et en posant des questions à la con. D'un rendez-vous qui perd sa crédibilité et d'une production aux abois qui tente vaille que vaille de sauver les apparences. C'est aussi celle d'un écrivain tout chamboulé qui gagne 10.000 euros par mois à rien foutre ou presque. Si si, un écrivain. Reconverti en chroniqueur philosophe pour la télé mais un écrivain quand même. On/Off plonge une saison durant dans les effrayantes coulisses du Grand Journal. Ollivier Pourriol (lire son interview dans le Focus du 14 juin), embauché pour jouer les intellos de service en 2011 (l'aventure ne durera qu'un an), y décode l'émission en clair la plus célèbre de Canal+. En raconte avec beaucoup d'humour et pas mal d'esprit les mécanismes vicieux, l'ambiance superficielle et détestable, la politique éditoriale affligeante. Eloge du vide et mort lente de la pensée.

Conversations avec ses chefs, ses potes, ses collègues, discussions de comptoirs et de couloirs, extraits d'émissions... Pour mieux démonter cette machine à rassurer et duper le téléspectateur, nous noyer dans cet océan de vanité et d'hypocrisie, le romancier et essayiste (Le peintre au couteau, Cinéphilo, Eloge du mauvais geste) a uniquement constitué son ouvrage de dialogues. Un procédé moins rébarbatif qu'il y paraît, inspiré par le Deception de Philip Roth et notamment utilisé dans le génial Please Kill Me, histoire non censurée du punk américain racontée par ses acteurs. Faussement léger, On/Off allume l'émission phare de Canal+ et éteint toute lueur d'espoir. Savoureux.

On/Off, d'Ollivier Pourriol, NiL Éditions, 354 pages.

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