Olivier de Rességuier - Le Poilu : Coups de crayons pour bras tranchés

06/08/10 à 19:14 - Mise à jour à 19:14

Quand vient l'heure de poser le roman graphique d'Olivier de Rességuier, on ne sait qu'en penser. Génie? Crime contre le neuvième art? Ou quelque chose entre les deux...

Olivier de Rességuier - Le Poilu : Coups de crayons pour bras tranchés

© Olivier de Rességuier / Delcourt

Le Poilu - Olivier de Rességuier

Editions Delcourt, Collection Mirage, 176 pages.

Quand vient l'heure de poser le roman graphique d'Olivier de Rességuier, on ne sait qu'en penser. Génie? Crime contre le neuvième art? Ou quelque chose entre les deux...


L'histoire est simple et complexe à la fois. Résumée, elle donnerait: Le Poilu et son armée de pillards ravagent un pays. Au même moment, deux brigands vont de magouille en magouille. Mais ce résumé oublierait l'intervention d'un métamorphe indien, d'un homme qui n'est qu'une tête, immortel et acteur de théâtre, d'un caïd manchot, et même d'un ours en colère. On oublierait aussi la foule de villages détruits, les batailles épiques, les dizaines de membres amputés à coups de crayons, et la mort d'une dizaine de cochons sauvages barbares et armés d'épées. L'auteur, habitué à l'illustration de livres jeunesse, joue ici aux antipodes de son domaine.


L'histoire de ce roman à tiroir fait l'effet d'un brouillon, jusqu'à la fin, où les traits se rassemblent. Le dessin est nerveux et surchargé. Les traits impressionnistes rappellent certains Van Gogh. On pourrait dire qu'il est lui aussi brouillon, encore une fois jusqu'à la fin, claire, et limpide. Le Poilu est un roman graphique qui peut perdre son lecteur. Mais si l'on tient le coup les 25 premières pages, que l'on s'imprègne de ce style déroutant, on se retrouve pris dans les filets de l'auteur. Emprisonnés entre ses coups de crayons, qui nous amènent de page en page, et nous empêchent de poser l'oeuvre avant de l'avoir terminée...


Et quand vient l'heure de poser le roman graphique d'Olivier de Rességuier, on ne sait qu'en penser. Génie? Crime contre le neuvième art? Ou quelque chose entre les deux...


David Conte

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