Les Rivales

30/03/10 à 16:45 - Mise à jour à 16:45

Critique du livre Les Rivales de Jessie Keane ou une histoire glauque entre deux soeurs sous fond de guerre des gangs.

Dans le Londres des années 60, la jeune Annie Bailey a développé un sens du timing plus pointu que celui de la famille: elle choisit en effet de coucher avec le gangster Max Carter la veille de son mariage... avec sa propre soeur, Ruthie. Un dépucelage vengeur dont elle ne peut s'empêcher de se vanter, et qui lui vaut un bannissement immédiat. La voilà qui se réfugie chez sa tante Celia, tenancière d'un bordel, cette fois sur le territoire des Delaney, ennemis jurés des Carter. Mais tante Célia disparaît, et Annie reprend le flambeau du claque sur fond de guerre des gangs. Une vendetta sauvage et en famille qui l'obligera à choisir son camp, ou à subir les événements. Or subir, ce n'est vraiment pas le genre d'Annie... Un peu d'eau de rose dans une flaque de sang, ça n'a jamais fait de mal à personne. On n'ira pas jusqu'à écrire que cela suffit pour en tirer un grand livre, mais Jessie Keane, au moins, sait de quoi elle parle: fille d'un chauffeur routier et d'une gitane, elle a elle-même grandi au milieu de 7 frères turbulents et fréquenté les gangsters dans ce London soudain plus très swinguant. On peut donc penser qu'il y a beaucoup de Jessie dans Annie, donnant une touche de réalisme bienvenue à ce premier roman policier, qui en appellera d'autres. Les Rivales n'est en effet que le premier volet des aventures d'Annie, comme annoncé en quatrième de couverture, et tant pis pour le prologue qui, lui, nous la présente à moitié morte -bravo le suspense... On y trouvera en tout cas un intérêt plus historique que littéraire: la jeunesse londonienne des années 60 n'avait apparemment rien à envier en termes de violence et de sauvagerie à la jeunesse belge d'aujourd'hui. N'en déplaise aux alarmistes bouffis de nostalgie.

Les Rivales, par Jessie Keane, Éditions Payot Suspense, traduit de l'anglais, 430 pages

O.V.V.

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