Le dernier grec

24/01/13 à 13:11 - Mise à jour à 13:10

ROMAN | Même armés de l'arbre généalogique de début de roman, même après avoir mémorisé les principales dates des événements qui ont secoué la Grèce depuis 1844, vous vous sentirez quelque peu désorientés au cours des premières pages du récit.

D'ARIS FIORETOS, ÉDITIONS ACTES SUD, TRADUIT DU SUÉDOIS PAR ESTHER SERMAGE, 386 PAGES. ***

ROMAN | Même armés de l'arbre généalogique de début de roman, même après avoir mémorisé les principales dates des événements qui ont secoué la Grèce depuis 1844, vous vous sentirez quelque peu désorientés au cours des premières pages du récit. L'ordre chronologique n'y est pas respecté et les personnages sont multiples. De plus, le roman est dense, il brosse le portrait de quatre générations de Grecs qui ont connu l'exil. Que ce soit par les Turcs, les Bulgares, les Allemands ou, à la fin du récit, le régime des Colonels, ces Macédoniens, pour la plupart, ont été dispersés aux quatre coins de l'Europe et particulièrement en Suède, pays en pleine expansion industrielle. Yannis Georgiadis, "L'Héraclès suédois", vit à Ano Potamià, village perdu dans la montagne macédonienne, avec sa mère, sa grand-mère et Maya, sa chèvre. Il est contemplatif, créatif et il rêve de doter son village d'un système hydraulique. Mais Yannis est aussi empli de "choses à pleurer" et connaît l'inanité de son avenir dans le bled; c'est ce qui va déterminer son départ pour la Scanie. Cependant, jamais il ne perdra le fil qui le lie à son "orizine", ce qui l'oblige à ponctuer son récit de nombreux flash-backs mettant en scène d'autres héros pathétiques. Progressivement, au fil de la lecture, les contours se précisent, les personnages se révèlent, ils se mêlent, se déchirent, se rejettent et là, le roman prend son envol. Yannis est un personnage à la fois complexe et fascinant, héros d'une fresque qui l'est tout autant. Fioretos a l'art de l'imprévu et le talent pour conter des destins tragiques.

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