Le Cartoon Festival de Knokke-Heist fête ses 50 ans

29/07/11 à 15:33 - Mise à jour à 15:33

Le dessin humoristique de presse a son festival, il est belge, et il a 50 ans. Edition anniversaire entre sobriété et belgitude.

Le Cartoon Festival de Knokke-Heist fête ses 50 ans

© Nicolas Vadot

Ciel gris. Parasols repliés. Sable humide. Pourtant, l'allée qui sépare la plage du casino de Knokke-Heist s'anime. Pas pour le casino. Ni pour la plage désertée. Le point de convergence des promeneurs au pas tranquille c'est ce pavillon blanc en bord de mer, transformé en musée du dessin pour l'été. Depuis le 17 juillet et jusqu'au 18 septembre, ses murs blancs mettent à l'honneur l'art de dire l'actualité en dessin. Et ce pour la 50ème fois. A l'occasion des noces d'or d'un mariage réussi entre une ville et le dessin humoristique de presse, le festival sort de sa tente pour égayer les rues de la ville de 50 cartoons à échelle humaine. Des vélos et des plans de la ville sont mis à disposition pour découvrir les panneaux conçus par les cartoonistes belges. Les visages des personnages ayant été découpés, vous pourrez y passer votre tête et par là-même glisser dans la peau d'un Elio di Rupo caricaturé par Kroll himself par exemple. Pour cette 50ème édition, l'entrée est gratuite et le constat est univoque: la gratuité a permis de rassembler beaucoup plus de monde que les précédentes éditions à la même période.

Festivaliers d'un jour

Dans les rues de Knokke-Heist, le public n'est pas le même que sous la grande tente. Dehors il est flâneur, familial, parfois touriste. A l'intérieur, lorsqu'il n'est pas fin connaisseur, il semble vouloir l'être. Les dessins que les lecteurs et lectrices de la presse écrite sont habitués à parcourir d'un oeil parfois distrait, dans un coin de leur journal sont reproduits ici sur un fond blanc au format d'une page simple ou double, et encadrés. Curieux, les visiteurs s'arrêtent, observent, commentent. Au coeur d'une muséographie sobre, voire simple. Peut-être s'interrogent-ils aussi car, point faible de l'exposition, les dessins ne sont pas ou très peu contextualisés. Pour ceux qui ne sont pas assidus dans le suivi de l'actualité, il est donc facile de passer à côté de la portée sociale, pourtant essentielle, d'un dessin paru dans un journal qui n'est pas systématiquement mentionné.

Les dessins les mieux renseignés sont ceux du palmarès: en tête du concours Press Cartoon Belgium, les balles de golfe de Tiger Woods transformées en spermatozoïdes par Cécile Bertrand (Libre Belgique). En deuxième, les scandales sexuels de Berlusconi par notre Nicolas Vadot (Le Vif). En tête du Press Cartoon Europe, l'extrémisme caricatural en noir et banc de Karl (Trends). Un palmarès très belgo-belge, à l'image du jury et du festival. D'un cadre à l'autre, d'une allée à l'autre, le festivalier d'un jour sillonne sur les routes d'un voyage en image dans la presse internationale mais surtout belge. Les informations véhiculées par les rares encadrés et inscriptions murales sont d'ailleurs écrites dans un néerlandais rarement traduit en anglais ou en français. Dommage pour un festival international. Heureusement que l'art et l'humour sont universels.

Lydie.m (stg)

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