La loi du temps

10/03/11 à 14:53 - Mise à jour à 14:53

La loi du temps

MANGA | Il faut l'avouer, Hiroshi Hirata fait rarement dans la dentelle lorsqu'il a un message à faire passer. Ses histoires sont racées, pleines de sabres aussi tranchants que des rasoirs et de corps qui s'ouvrent comme des pastèques à leur contact, le sang giclant tel de grandes coulées de peinture sombre sur une toile de passions violentes et d'honneurs bafoués. Cette Loi du Temps, pourtant, va encore plus loin dans l'exposition sans fard d'un Japon féodal où, justement, le temps représente l'arme la plus redoutable et invaincue du Pays flottant. La première des 4 histoires composant ce recueil, La danse du vaste amour, annonce la couleur de terrible manière, avec ces 3 hommes assassinés en 3 cases du plus parfait grotesque. Le meurtrier est une femme, Riya. Son histoire n'est qu'une longue et insoutenable litanie de viols et de meurtrissures. Des années plus tard, confrontée à celui qui, en violant sa mère, a déclenché cette succession de douleurs, elle choisit pourtant de ne pas le tuer. "Cette vallée de larmes, changeons-la en une vallée des merveilles", dit-elle en lui pardonnant. On le voit, il ne s'agit pas du meilleur Hiroshi Hirata, même s'il gagne en solidité du dessin et en puissance du propos ce qu'il perd en raffinement de la narration.

La loi du temps de Hiroshi Hirata, éditions Delcourt, ***

V.D.

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