La Grande odalisque

13/09/12 à 10:59 - Mise à jour à 10:59

ACTION/AVENTURE | On ne dira pas que c'est l'album de l'année -celle-ci n'est pas finie- mais on vous le dit déjà: ne le ratez pas.

La Grande odalisque

DE VIVÈS, RUPPERT & MULOT, ÉDITIONS DUPUIS, 122 PAGES. *****

On ne dira pas que c'est l'album de l'année -celle-ci n'est pas finie- mais on vous le dit déjà: ne le ratez pas. La collection Aire Libre vient de se prendre un fameux coup de jeune en en frappant un grand, de coup: elle accueille en un album trois monstres de la bande dessinée contemporaine, française, et jusqu'ici indépendante. L'un, Bastien Vivès, est omniprésent et insaisissable depuis Polina, Le Goût du chlore ou Les Melons de la colère. Les deux autres, Florent Ruppert et Jérôme Mulot, s'étaient fait rares, sont inséparables et, pensait-on, indissociables de L'Association, où ils ont explosé les codes de la narration et du découpage dans de nombreux opus, parfois abscons. Mais c'est donc bel et bien Dupuis qui s'offre leur retour, pour un vrai récit à six mains, et surtout, absolument bluffant.

La Grande odalisque, comme le célèbre tableau de Ingres, représentant une femme au harem, est le récit, 100% adrénaline, de deux voleuses de haut vol, bientôt trois, dans la plus pure tradition des cambrioleuses félines, de La Main au collet jusqu'à Cat's Eyes en passant par moult nanars américains. Si ce n'est qu'ici, la tradition se frotte à la modernité de ses auteurs: on peut lire La Grande odalisque comme un pur récit d'action. Ou comme une oeuvre purement esthétique, presque formelle (la force de leurs explosions silencieuses!). Ou mieux encore: on peut vraiment s'offrir les deux; être pris dans une aventure qu'on ne pourra pas lâcher, et s'esbaudir en même temps du pas en avant graphique et narratif effectué par le trio. On n'avait jamais vu Ruppert & Mulot aussi lisibles et efficaces, à la fois enjoués et "houellebecquiens". Et parfaitement en phase avec le trait ouaté et parfois étrangement malsain de Bastien Vivès.

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