J'aurai ta peau Dominique A

24/01/13 à 11:48 - Mise à jour à 11:48

POLAR MUSICAL | La palme de la (très) mauvaise idée de la semaine revient donc à la paire Le Gouëfflec-Balez, responsable il y a deux ans d'un déjà fort peu inspiré Chanteur sans nom.

D'Arnaud Le Gouëfflec et Olivier Balez, Éditions Glénat, 56 pages. *

J'aurai ta peau Dominique A

POLAR MUSICAL | La palme de la (très) mauvaise idée de la semaine revient donc à la paire Le Gouëfflec-Balez, responsable il y a deux ans d'un déjà fort peu inspiré Chanteur sans nom -sur le chanteur masqué Roland Avellis. Est-ce dû à l'écoute prolongée, et mal interprétée, de Pour la peau, diamant noir de l'album Auguri? Ou, plus prosaïquement, au visionnage sous mauvais champis du formidable Being John Malkovich de Spike Jonze -sur une autre vedette chauve cannibalisée par la fiction? A moins que ce ne soit un peu des deux? Toujours est-il que le tandem, très en confiance, semble persuadé de tenir là le concept du siècle, qu'il assaisonne au passage d'un humour supposé vachard -Dominique A et Philippe Katerine qui se chambrent sur leur popularité respective- et de références plus appuyées les unes que les autres aux chansons du père de La fossette -les deux mêmes se retrouvant au Bowling voire, carrément, à Nanortalik...

Le concept, donc: Dominique A, auteur-compositeur-interprète épanoui dans son rôle d'électron libre de la chanson française, reçoit par lettre anonyme une menace de mort qu'un inconnu aux obscures motivations semble bien décidé à mettre à exécution. Et notre héros au crâne rasé de sombrer peu à peu dans une drôle de parano, elle-même doublée d'une véritable crise identitaire... Graphiquement correct -mention bien au travail sur les couleurs-, l'album aligne surtout paresseusement les figures les plus éculées du polar: le fan envahissant, le tueur méthodique, le flic bas du front, l'improbable sosie... Et multiplie jusqu'à l'absurde les clins d'oeil insistants censés flatter les connaissances des amateurs des disques du Français -un parti pris à ce point stérile qu'il en ferait presque regretter ces abominables albums BD de chansons racontées en dessins, façon Samedi soir sur la terre de Cabrel illustrée par Ana Miralles. Moralité: il ne faut pas souhaiter la mort des gens.

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