Faits divers

18/10/12 à 11:17 - Mise à jour à 11:17

HUMOUR | Anouk Ricard s'approprie une série de faits divers plus ou moins incongrus épinglés dans la presse régionale hexagonale afin de leur tordre le cou.

Faits divers

FAITS DIVERS, D'ANOUK RICARD, ÉDITIONS CORNÉLIUS, 62 PAGES. ****

HUMOUR | À la manière d'un Pierre La Police se répandant en délires génético-prophétiques sur le monde du football dans les pages de So Foot (lire Science Foot, indispensable compilation publiée en juin dernier dans la même collection Delphine aux éditions Cornélius), Anouk Ricard s'approprie une série de faits divers plus ou moins incongrus épinglés dans la presse régionale hexagonale (Le Dauphiné, Sud Ouest, Charente Libre, L'Est Républicain...) afin de leur tordre le cou, les pervertir, en tirer des instantanés tragico-comiques de vies se carambolant au carrefour de la violence, de la tendresse, du non-sens et de l'imbécilité crasse. Il suffit à chaque fois d'une seule phrase, édifiante, dérisoire ou fantaisiste, et c'est tout un petit théâtre de l'absurde qui se met en branle. "Il reçoit dans son lit une balle tirée par un policier." " Elle trouve une dent dans une saucisse." "Il descend en rappel afin de récupérer ses clés tombées sur le balcon du voisin." "Elle vient se confesser et dépouille le prêtre de 18 000 euros." Ou mieux (pire?) encore: "Il abandonne sa compagne qui s'étouffe au restaurant."

Forte d'un bestiaire faussement naïf proche de celui d'un Lewis Trondheim, d'un joli éventail de couleurs enfantines et d'une simplicité de narration proprement désarmante, la Strasbourgeoise Anouk Ricard (Anna et Froga, Coucous Bouzon...) excelle dans cet art subtil du détournement, rappelant au passage que sous le masque du mal, le crime, au fond, arbore de multiples visages: celui de la bêtise, de l'ignorance, de la maladresse ou de la mauvaise foi, notamment. Avec ces Faits divers hautement jubilatoires, le quotidien sort de ses rails, l'humanité sort de ses gonds... et le lecteur sort ravi.

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