En ville

23/01/13 à 10:40 - Mise à jour à 10:39

ROMAN | En ville, il y a "des gens qui disent qu'ils viennent et qui ne viennent pas, des avenirs sans avenir, esquissés dans des phrases"... On se dit: quelle vanité!

DE CHRISTIAN OSTER, ÉDITIONS DE L'OLIVIER, 174 PAGES. ****

En ville

ROMAN | En ville, il y a "des gens qui disent qu'ils viennent et qui ne viennent pas, des avenirs sans avenir, esquissés dans des phrases"... On se dit: quelle vanité! Puis avec stupeur, on réalise que tous ces gestes qu'on n'a pas commis alors qu'on aurait dû (ou l'inverse) nous pourrissent l'existence. Et c'est ce qui arrive à cinq "amis"que rien ne rattache a priori: Paul, Louise, son épouse, William, Georges et Jean, le narrateur. Depuis trois ans, ils mettent un point d'honneur à partir ensemble en vacances alors qu'ils ne se voient pratiquement pas dans l'année. Peur de la solitude? Volonté de se créer une image utopique de l'amitié? Peut-être tout cela à la fois. Cette année cependant, les choses changent: Louise quitte Paul, William meurt, Georges se sent trompé par sa dernière conquête et Jean va avoir un enfant avec une femme qu'il n'aime pas. Pourtant, ils partiront. Comme dans Une femme de ménage, c'est l'analyse de la fragilité de l'amour, de l'impossibilité d'accéder à un bonheur durable qui constitue l'intérêt d'un roman de Christian Oster. Mais alors qu'il maniait l'humour dans le premier récit, il adopte ici un ton plus tragique. Le destin semble échapper aux personnages et la gravité de la fin semble inscrite dès les premières pages d'En ville. Ce roman court aiguise nos manies, nos désirs, nos phobies qui, parce qu'ils ne sont pas dévoilés, nous éloignent des autres. Le style épuré, la syntaxe bien agencée ramènent le lecteur à ses propres déboires. Oster a l'art de nous surprendre au moment où la vie bascule.

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