Crève saucisse

24/01/13 à 11:52 - Mise à jour à 11:52

COMÉDIE DRAMATIQUE | Didier, artisan boucher dans un petit patelin français, a surpris sa femme au lit avec Eric, la composante mâle du couple d'amis avec lequel ils étaient partis en vacances.

De Simon Hureau & Pascal Rabaté, Éditions Futuropolis, 80 pages. ***

Crève saucisse

COMÉDIE DRAMATIQUE | Dans L'Enfer de Claude Chabrol, la jalousie de Paul est d'autant plus vicieuse qu'elle se nourrit du soupçon plutôt que du flagrant délit, laissant du coup le poison du doute ronger le supposé cocu. Didier, artisan boucher dans un petit patelin français, n'a pas ce problème-là: il a surpris sa femme au lit avec Eric, la composante mâle du couple d'amis avec lequel ils étaient partis en vacances. Depuis, ce chic type toujours amoureux passe ses nerfs sur sa viande et échafaude des plans pour récupérer sa belle. En vain. Les mois passent et Sandrine profite toujours de la moindre occasion pour retrouver son amant. Sel sur la plaie, son humeur oscille au gré de la météo extraconjugale. Alors que se profile l'été suivant et la perspective d'une nouvelle cohabitation forcée, Didier en vient à envisager le pire: supprimer son rival. Amateur indécrottable de BD, il pense avoir trouvé dans un Gil Jourdan le scénario du crime parfait... Comme dans Les petits ruisseaux, que Rabaté avait porté lui-même à l'écran, on retrouve dans ce Crève saucisse un attachement certifié sans hormones pour les rapports humains. Simon Hureau y ajoute l'ingrédient du suspense pour une comédie noire persillée comme une bonne tranche de boeuf. Avec cette sonate acide, on est très loin, et pas que géographiquement, de l'autre actualité de Rabaté, à savoir la réédition d'un récit de voyage, Bienvenue à Jobourg!, sorti en 2003. Avant la vague des Delisle et Lefèvre, l'auteur y racontait en noir et blanc ses souvenirs, emballés sous une mince couche de fiction, d'une résidence d'artiste en Afrique du Sud. L'occasion de dresser le portrait, en toute subjectivité et sans prétention, d'un pays attachant mais dont la criminalité rend le quotidien pour le moins aléatoire. Deux cas de dérive en somme.

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