Chronique BD: Forever, Bitch

05/12/13 à 16:52 - Mise à jour à 16:52

Source: Focus Vif

GIRLY | Elle s'appelle Louise. Elle va avoir 30 ans ("je le vis mal"), elle a un homme, un chat, une BFF ("best friend forever") et puis Maud, une petite nouvelle, et "elle est clever et single, baby"

Chronique BD: Forever, Bitch

© Tapas

Pour le reste, ces trois-là ont essentiellement des problèmes de mecs, de culs et de fringues, et ce même si cette plongée dans la BD girly s'achève sur un mariage (on ne spoile pas, c'est en couverture), et l'espoir de ne plus jamais les revoir, ces trois "salopes à jamais". Forcément: la segmentation des marchés se fait parfois excluante, surtout dans le cas des BD über girly de Diglee, qui s'adressent presque exclusivement aux jeunes femmes célibataires et urbaines (éventuellement leurs copains gays), entre 27 ans et demi et 31 ans, lectrices de Grazia ou de Madmoizelle.com, et qui pensent s'être trouvées des amies derrière ces blogs BD qui en remontrent aux mecs en termes de vide, d'ego trips et de gags lourdingues. Diglee y est née, et même si ce troisième album se veut plus fictionnel que les précédents, elle en maîtrise toujours les codes: le dessin est globalement atroce et les décors inexistants, mais son choix de tops, de chaussures et de petits sacs est paraît-il très tendance.

Chronique BD: Forever, Bitch

© Tapas

Alors que sort parallèlement le Mâle occidental contemporain de Bégaudeau et Oubrerie (lire Focus du 22/11), album viril qui surfe lui aussi sur ce thème de la désespérance émotionnelle de ses contemporains de 29 ans et demi, on pourrait gloser voire disserter longtemps autour de ce Forever, Bitch. Un album très représentatif d'une certaine génération et de ses auteurs à succès, quoiqu'incapables de dessiner une bouche fermée ou de s'intéresser à autre chose qu'à eux-mêmes. Mais faut pas déconner non plus: on l'a lu, c'est déjà pas mal comme effort.

  • DE DIGLEE, ÉDITIONS DELCOURT, 80 PAGES.

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