Catherine Meurisse: "Luz a été mon phare dans les ténèbres après le 7 janvier"

26/05/16 à 10:04 - Mise à jour à 10:51

Source: Focus Vif

Catherine Meurisse était, comme Luz, en retard à la réunion de rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Un traumatisme dont la laideur ne pouvait être combattue que par la beauté. Et par La Légèreté, son formidable album.

Le dernier album de Catherine Meurisse, outre son absolue réussite, n'est décidément pas comme les autres: même à elle, surtout à elle, on a du mal à dire qu'il est "formidable" ou "génial", au vu des circonstances qui l'ont fait naître. Le 7 janvier 2015, Catherine Meurisse n'a fait qu'entendre les coups de kalach' des frères Kouachi, mais elle y a perdu plus que huit collègues, amis ou mentors; elle y a aussi perdu "la mémoire, les émotions et le dessin". Un traumatisme et un état de dissociation qui la mènent aux bords de l'abîme, et sur un océan de laideur dont elle sent instinctivement que la beauté y sera sa seule bouée de secours. La Légèreté raconte non pas les attentats, mais bien ce lent et douloureux processus, plus universel, et qui, des couchers de soleil aux statues de la Villa Médicis à Rome, va l'emmener lentement d'un silence de mort vers un silence de vie. Un silence et une légèreté encore fragiles, qui ne se résoudront pas, comme chez son ami Luz, en un ou deux albums. Mais qui révèlent aujourd'hui une artiste et dessinatrice majeure, capable malgré elle de faire pousser des fleurs sur un tas de fumier. De l'art comme thérapie réparatrice et de la beauté comme réflexe sécuritaire, il y a tout ça, et bien d'autres choses y compris beaucoup d'humour, dans sa magnifique Légèreté née d'un poids insoutenable.
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