BD: Le magasin des suicides

04/10/12 à 11:06 - Mise à jour à 11:06

HUMOUR NOIR | Sombre dans les premières pages, cet album inspiré du roman de Jean Teulé s'éclaircit progressivement pour suivre l'évolution positive de la trame.

BD: Le magasin des suicides

LE MAGASIN DES SUICIDES, D'OLIVIER KA ET DOMITILLE COLLARDEY, ÉDITIONS DELCOURT, 62 PAGES. ***

HUMOUR NOIR | "On l'a prénommé Alan en hommage à Alan Turing, le père de l'informatique moderne qui s'est suicidé d'une drôle de manière. Il a trempé une pomme dans une solution de cyanure et l'a posée sur un guéridon. Ensuite, il en a fait un tableau avant de la manger." Quand madame Tuvache présente son petit dernier à la clientèle, il va sans dire qu'elle est fière de ce prénom qui cadre parfaitement avec les affaires. C'est que chez les Tuvache, on fait dans le suicide depuis dix générations déjà. Pendaison, baiser de la mort, seppuku, lames de rasoir profilées... Rien n'est trop beau pour envoyer la clientèle sucer les pissenlits par la racine. Et avec le monde qui part à vau-l'eau, on peut dire que la petite boutique familiale tourne à plein régime. Sauf que le fils cadet est un indécrottable optimiste. Toujours le mot gentil, un magnifique sourire aux lèvres et cette petite attention qui ferait fuir la clientèle... Quand on a des parents qui prospèrent avec la mort des gens, la moindre ombre de joie fait figure d'impolitesse. Dans une boutique où le chagrin est maître, la bonne humeur n'a pas le droit de cité. Le père Tuvache va s'occuper de l'éducation de ce gamin trop prompt à la gentillesse.

Sombre dans les premières pages, cet album inspiré du roman de Jean Teulé s'éclaircit progressivement pour suivre l'évolution positive de la trame. La pirouette à la fin de l'album participe également pour beaucoup à la dramaturgie de l'histoire. Plus on avance, plus Alan réussit à réjouir le monde et moins on se dit que la fin du récit sera heureuse. Au final, les auteurs nous laissent le choix de la chute: avec ou sans pavé accroché au cou.

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