À Angoulême, ça joue des coudes entre anciens et modernes

08/02/16 à 11:59 - Mise à jour à 14:46

Source: Focus Vif

La grand-messe du festival d'Angoulême, à moitié réussie, donc à moitié ratée, s'est achevée sur une impression de paradoxe: entre anciens et modernes, le fossé se creuse mais les ponts se multiplient.

Le festival d'Angoulême est mort, vive le festival d'Angoulême. Pour sa 43e édition, le plus grand festival international de bande dessinée aura plus que jamais joué les grands écarts, en se prenant parfois et plus que de coutume les pieds dans le tapis. Entamé par le "scandale" des nominations au Grand Prix -30 noms, aucune femme-, Angoulême s'est achevé sur un dernier gros couac lors de la remise des prix, marquée par une attribution de faux Fauves parfois pris au sérieux et qui n'aura vraiment fait rire personne. Une ultime balle dans le pied des organisateurs, qui auront multiplié toute la semaine maladresses, excuses, justifications et amateurismes, allant jusqu'à renoncer à toute ligne éditoriale: pour se sortir de la polémique du Grand Prix, ils ont finalement renoncé à toute présélection d'auteurs, laissant "la grande famille de la bande dessinée" se débrouiller toute seule et choisir dans la foule -comme si le festival de Cannes donnait sa Palme à l'auteur le plus populaire ou le plus fédérateur. Une logique du diviser pour mieux régner qui aura, enfin, souri à Hermann, cinquième Belge à devenir président d'Angoulême malgré des années de détestation et de mépris -si sa carrière, de Comanche à Jeremiah, justifie à elle seule la reconnaissance de ses pairs, l'homme n'avait pas la carte. Sans doute incarnait-il trop cette différence de perception du métier, et qui a longtemps gangrené la reconnaissance de la bande dessinée et de certains de ses auteurs: la BD, art ou artisanat? Culture ou industrie? Divertissement ou espace de création?
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